Père Brice de Malherbe: "La sédation profonde doit rester exceptionnelle"

10 mars 2015 Par

La sédation profonde et continue pour les malades en fin de vie: ce qui fait débat à propos du texte de J.Léonetti et A.Claeys. Explications du p. Brice de Malherbe, du diocèse de Paris.

 

"La sédation coupe la communication entre le médecin et le patient", précise le p. Brice de Malherbe

A la veille de la discussion du Projet de Loi Claeys-Leonetti à l’Assemblée Nationale, le Groupe de travail de la Conférence des évêques de France sur la fin de vie a exprimé des inquiétudes lors d’une conférence de presse.

Parmi les sources d'inquiétudes, la sédation profonde et continue associée à un arrêt de tout traitement, notamment la nutrition et l'hydratation artificielle, le tout conduisiant jusqu'au décès. Les défenseurs de la vie, les représentants de l'Eglise également, émettent beaucoup de réserves.

Le père Brice de Malherbe est l'un des membres du Groupe de travail de la Conférence des Évêques de France. Il rappelle que "la sédation continue jusqu'au décès est une pratique déjà réelle". Et il ajoute que c'est quelque chose "que le pape Pie XII considérait comme possible dans des cas exceptionnels." Au micro de Christian Vadon, il précise que "le texte ne laisse pas assez la place à la compétence du médecin pour répondre à une demande du patient".

Le Père Brice de Malherbe est prêtre du diocèse de Paris et spécialiste des questions de bioéthique. Il est notamment consulteur au Conseil pontifical pour la Famille et co-directeur du département de recherche Éthique biomédicale au Collège des Bernardins.
 

La Conférence des évêques de France publie "Fin de vie, un enjeu de fraternité"

Le Groupe de travail de la Conférence des Évêques de France vient de publier aux éditions Salvator "une réflexion forte et argumentée sur la fin de vie".

« Oui, les personnes en fin de vie nous appellent à exercer la médecine avec toujours plus d’humanité. Elles nous convoquent tous à assumer notre propre vulnérabilité de telle sorte que s’établisse un vrai rapport de fraternité. En effet, le patient, allant vers sa mort, et le bien-portant, engagé dans l’art de l’accompagnement, partagent la même humanité, inexorablement marqué par la finitude. Dans cette fraternité se noue alors un dialogue d’une étonnante richesse. Il s’y manifeste les valeurs les plus vives de l’humanité, celles dont elle rêve et qui, à ce moment si improbable de l’ultime finitude, se dévoilent à celui qui a des yeux pour voir. Nul ne les découvre s’il n’entre pas dans ce dialogue “ fraternel ”. Il est source de paix, plus qu’on ne croit. » Mgr Pierre d’Ornellas et le Groupe de travail de la Conférence des Évêques de France
 

> "Fin de vie, un enjeu de fraternité", sur le site de la Conférence des évêques de France