Prostitution : la pénalisation des clients en débat au Sénat

Les sénateurs avaient supprimé cette mesure en première lecture de la loi visant à mieux lutter contre la prostitution. Le gouvernement vient de l’ajouter au texte sous forme d’amendement.

Les clients des prostituées seront-ils verbalisés ? C’est ce que souhaiterait le gouvernement qui a déposé mardi un amendement rétablissant la pénalisation des clients, au projet de loi visant à mieux lutter contre la prostitution. Ce texte, qui arrive en seconde lecture au Sénat, avait pourtant vu cette disposition être retirée en première lecture par les sénateurs.

L’amendement gouvernemental propose ainsi de punir d’une amende de cinquième catégorie (jusqu’à 1 500 euros) tout achat d’acte sexuel, et de 3 750 euros en cas de récidive. Une mesure critiquée par certaines associations de prostituées, et des organismes tels qu’Act-up ou Médecins du monde, qui craignent une augmentation de la précarité chez les travailleuses du sexe.

Pour les défenseurs de cet amendement, il s’agit d’un "signe politique fort de la volonté du gouvernement de faire adopter rapidement cette proposition de loi", comme l’a expliqué Pascale Boistard, la secrétaire d’Etat chargée des Droits des femmes. Un amendement qui vient compléter le doublement des crédits destinés à la lutte contre la prostitution, qui passent de 2,4 à 4,9 millions d’euros, dans le récent budget 2016.

Les précisions de Léna Bouillard