BlueSky bouscule les codes des réseaux sociaux en prônant un internet plus libre et transparent : il redonne aux utilisateurs le contrôle de leur identité en ligne, sans qu’elle ne dépende d’aucune entité unique.
Au festival South by Southwest, à Austin (Texas), qui célèbre la culture et les médias, Jay Graber, directrice générale de BlueSky, a fait sensation avec un t-shirt noir arborant une inscription en latin : "Un monde sans aucun empereur".
Un message fort, perçu comme une pique directe à Mark Zuckerberg, patron de Meta (Facebook, Instagram, Whatsapp), qui il y a quelques mois portait un t-shirt affirmant "Soit Zuck, soit rien". Une version revisitée du célèbre "Soit César, soit rien". Derrière cet affront vestimentaire se cache la volonté de BlueSky de briser le monopole des grandes plateformes.
Né chez Twitter avant de devenir indépendant lors de l'acquisition du réseau par Elon Musk, BlueSky compte aujourd’hui plus de 30 millions d’utilisateurs. L'ambition qu'elle souhaite afficher est claire : redonner le contrôle aux utilisateurs sur leur identité en ligne et leur permettre de la transférer vers d'autres applications utilisant la même technologie.
Le réseau dit vouloir empêcher qu’une seule entité ou un individu ne décide de tout. "Si un milliardaire venait à prendre BlueSky en otage, tout le monde pourrait partir et construire GreenSky", explique Rose Wang, directrice des opérations du média.
Cette philosophie s’inscrit en réaction à ce que le blogueur Mike Masnick appelle "l'impuissance apprise" : cet état où les internautes acceptent, par défaut, que leurs interactions en ligne dépendent du bon vouloir d'une grande entreprise. BlueSky souhaiterait en finit avec la soumission aux algorithmes opaques. Les utilisateurs peuvent naviguer entre différents flux, suivre des comptes spécifiques ou explorer des contenus grâce à l’algorithme Discover de la plateforme.
Contrairement à Mastodon, qui impose de choisir un serveur et de comprendre certaines complexités techniques, BlueSky mise sur la simplicité d’accès. L'inscription est fluide, et l’expérience utilisateur plus intuitive, ce qui explique en partie sa croissance rapide.
Toutefois, cette ouverture n’est pas sans conséquences. Certains contenus publiés sur la plateforme ont déjà été utilisés pour entraîner des modèles d’intelligence artificielle, soulevant alors des questions sur la protection des données...
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