Mamma Mia 3/8

Présentée par

La folle histoire des comédies musicales

samedi 29 décembre 2018 à 5h00

Durée émission : 25 min

Mamma Mia 3/8

© Crédit Haris Zambarloukos/Universal pictures

Annonce : La parfaite alliance de la musique, de la chanson, de la danse et du cinéma, réunis en une seule émission… C’est chaque jeudi à 16h30 sur RCF avec Fabien Genest qui nous entraîne avec lui dans le grand livre des comédies musicales. Après Stanley Donen et Vincente Minnelli la semaine dernière, l’émission aujourd’hui sera plus disco. Alors qu’est sortie la suite sur les écrans mercredi, Mamma mia, de Phyllida Lloyd enchantait le public et la critique voilà dix ans… La Folle Histoire des comédies musicales, c’est tout de suite…

Désannonce : A jeudii prochain Fabien Genest. Vous pouvez également l’écouter en streaming ou la podcaster sur notre site rcf.fr et ainsi retrouver les références et les principaux extraits des chansons diffusées.

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L'affiche du film.  Meryl Streep dans une scène de Mamma mia. Crédit Haris Zambarloukos/Universal pictures

Voilà dix ans, la Grèce et les petites îles des Sporades de Skiathos et Skopelos, en mer Egée, ont servi de décor au tournage de Mamma mia, une comédie musicale de Phyllida Lloyd pour le moins emballante, avec l’inoubliable Meryl Streep dans les habits d’une Anglaise exilée ayant ouvert un hôtel pour touristes et qui est sur le point de marier sa fille, Sophie. Pour le plus beau jour de sa vie, cette dernière, qui ne connaît pas son père, a décidé de tenter sa chance et d’inviter trois hommes qui pourraient s’avérer potentiellement être son géniteur. Bien sûr, tout cela, dans le plus grand secret…

Honey, honey, Amanda Seyfried
 
Honey, honey, "chéri, chéri", en français, est la première chanson du film et du groupe Abba, qui accompagne Sophie parcourant en cachette le journal intime de Donna (Meryl Streep), sa mère, qui a consigné ses émois de jeune fille à l’époque. Pour Sophie, c’est très clair, elle n’envisage pas de se marier sans ses deux parents. Seulement voilà, qui est donc ce père et cet homme qu’a aimé voilà plus de vingt ans Donna ? Est-ce Sam (joué par Pierce Brosnan), un architecte américain séduisant, Harry (que campe Colin Firth), un courtier anglais, ou bien Bill Anderson (joué par Stellan Skarsgård), un aventurier suédois navigateur, auteur de livres de voyage…
Dix ans pile après le triomphe de Mamma mia, revoilà que sort sur les écrans cette semaine la suite des aventures de Donna et Sophie dans un deuxième chapitre tout aussi échevelé.

Extrait en VF de Mamma mia, Here we go again, de Ol Parker.
 
Dix ans ont passé. Sophie a bien grand et attend un bébé. Cet heureux événement est le prétexte à une grande fête auxquels « les trois papas », on les appellera ainsi, sont évidemment conviés.
Mais revenons au commencement et à Donna, figure centrale de Mamma mia. Cette femme de caractère, farouchement indépendante, s’est bâtie une existence paisible au soleil grec, rythmée par les multiples petits problèmes du quotidien à résoudre dans son hôtel quelque peu défraîchi. Aussi, quand elle découvre que ses trois anciens amants ont débarqué, un grand trouble va s’emparer d’elle. Elle en fait alors part à Tanya (jouée par l’actrice Christine Baranski) et Rosie (rôle que tient Julie Walters), ses deux amies de jeunesse, invitées, aussi, au mariage.

Money, money, Meryl Streep
 
Meryl Streep chante Money, money, tube célébrissime, planétaire d’Abba, mais y a-t-il au moins un titre qui n’est pas un hit dans la discographie du groupe suédois ? Donna chante elle son rêve de rencontrer un jour, peut-être, un homme riche qui pourrait la tirer de sa condition.
Quelle riche idée qu’a eu Universal Pictures voilà plus de dix ans que de produire un film brodé autour du fantastique catalogue du groupe Abba, stars parmi les stars qui ont régné sans partage sur les années 70 et les années disco.
Il aura fallu cependant une décennie pour adapter à l’écran l’histoire de Donna et Sophie car avant d’être un film, Mamma mia est d’abord une comédie musicale, écrite par la Britannique Catherine Johnson, dont la  première a lieu à Londres le 6 avril 1999 au Prince Edward Theater. Et le succès, autant vous le dire, est immédiat.
25 ans plus tôt, à la même date, Abba remporte le concours Eurovision de la chanson à Brighton, en Angleterre.  En France, il faudra patienter six ans supplémentaires pour voir débarquer l’armada Mamma mia au Palais des congrès de Paris en juin 2005, et encore… dans une  version anglaise soustitrée en français.

Mamma mia, Meryl Streep
 
Cette comédie musicale au succès phénoménal continue de tourner à Londres et a fêté l’été dernier le cap des 30 millions de spectateurs. Et bien plus dans le monde où le spectacle est donné presque chaque soir dans plusieurs pays simultanément. Au cinéma, c’est bien simple, Mamma mia, c’est plus de 50 millions de spectateurs qui ont vu le film en salles dont 21 millions aux Etats-Unis, 13 en Grande-Bretagne,  2 millions en Suède et 1 million et demi en France.

Dancing queen, Christine Baranski et Julie Walters

Dancing Queen, la reine de la danse en français, chantée dans le film de Phyllida Lloyd par Christine Baranski et Julie Walters, les deux amies de Donna lui intimant d’oublier ses soucis et de s’abandonner à l’insouciance de la vie en laissant parler son cœur comme quand celle-ci avait 17 ans.
La scène se termine par une chorégraphie géante, genre flash mob, sur le petit port de pêche avec tous les villageois venus communier avec Donna qui parachève cette séquence d’anthologie par un plongeon dans la mer toute habillée.
Alors pourquoi, Mamma mia parle-t-il tant à un si grand nombre ?
Et bien, tout simplement, d’abord, parce que les chansons d’Abba ont incroyablement marqué l’inconscient collectif et continuent, quarante ans après, de traverser le temps et les générations en atteste le revival incroyable que connaît le groupe depuis près de 20 ans à travers compilations, reprises, adaptations et même, depuis 2013, un musée à Stockholm.
Sous une apparente facilité et une légèreté qui collait parfaitement aux années 70,  les chansons des Suédois ‎Björn Ulvaeus, Benny Andersson, Agnetha Fältskog et ‎Anni-Frid Lyngstad s’avèrent, pour certaines, beaucoup plus profondes qu’il n’y paraît.
D’un côté l’insouciance. De l’autre, la nostalgie et les questions sur la vie et le temps qui passe.
Une dichotomie qu’ont su parfaitement saisir à la fois Catherine Johnson et Phyllida Llloyd pour la comédie musicale et le film Mamma mia à l’image de SOS.
Un titre qu’interprète le personnage de Pierce Brosnan dans la cour de l’hôtel face à une Donna qui en façade affiche sa fierté d’être seule et indépendante mais qui au fond d’elle se désole de sa terrible solitude affective.

SOS, Pierce Brosnan
 
La date du mariage avance pour Sophie qui, à tour de rôle, a une conversation avec chacun de ses trois pères potentiels. La tentative pour savoir la vérité est d’autant plus déstabilisante que chacun à leur manière, ils pourraient être le père de Sophie.
Dans un flash back, elle imagine alors ce qui a bien pu se passer entre chacun avec Donna. Mais il n’y en a qu’un ? Alors lequel s’interroge-t-elle quelque peu dépitée.
Sophie est à cran. Une dispute entre la mère et la fille éclate inévitablement lorsque Sophie souhaite en savoir plus. Donna n’a pas vu sa fille grandir et se remémore avec nostalgie la petite fille qu’elle était.

Slipping through my fingers, Abba

Le jour du mariage est arrivé dans la petite île imaginaire de Kalokairi. Dans une lumière magnifique, Sam attend Donna qui est en retard pour rejoindre les autres invités qui ont gagné à pied une petite chapelle à flanc de rocher surplombant la mer.
C’est alors que Donna entame l’une des dernières chansons du film The Winner takes it all : « Le Vainqueur rafle la mise ». Bien plus qu’une chanson sur le jeu, une véritable métaphore sur la vie où les paroles disent : « Le perdant s’incline. C’est le destin. Je n’ai rien à ajouter. Je n’ai plus de cartes à jouer.  Devant le vainqueur c’est le destin. » Une superbe chanson sentimentale de rupture amoureuse qui va présager un coup de théâtre...

The Winner takes it all, Abba

The Winner takes it all, Meryl Streep
 

Sam (Pierce Brosnan) demandant Donna en mariage. Crédit Haris Zambarloukos/Universal pictures

Alors que le prêtre débute la célébration du mariage de Sophie et Sky, Donna interrompt la cérémonie et souhaite y associer le père de Sophie. Un quiproquo s’en suit qui déclenche la prise de parole de chacun des trois pères potentiels.
Survient alors le fameux coup de théâtre quand Sophie décide de reporter le mariage à plus tard. Mais Sam surprend toute l’assemblée en s’agenouillant et en demandant Donna en mariage. Stupeur du public et de l’intéressée qui accepte.

I do, I do, I do, Abba
 
Ainsi s’achève le film dans l’allégresse générale et sur le bonheur de Donna et Sam et d’un semblant de famille retrouvée.
 
DVD et Blue-ray de Mamma mia, disponible chez Universal Pictures France
BO du film, Mamma mia disponible chez Polydor ou en téléchargement payant

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L'émission

West Side Story, Les Demoiselles de Rochefort, Mary Poppins, Hair ou Chicago... Elles enchantent depuis plus de 60 ans le grand écran et certaines sont rentrées dans la légende du 7e art. Cet été, les comédies musicales s'invitent sur RCF chaque week-end.

Le présentateur

Fabien Genest

Journaliste de presse écrite et producteur de radio, passionné de cinéma et musique fabien.genest@rcf.fr