L'explosion démographique est-elle une menace?

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Le Temps de le dire

jeudi 1 mars à 9h03

Durée émission : 55 min

L'explosion démographique est-elle une menace?

© Rob Curran / Unsplash - La peur formulée dans les années 60 par les pays du Nord relève d'une "vision géopolitique du monde"

En 2050 nous serons 10 milliards d'humain sur terre. Mais dire que nous serons trop nombreux, ne serait-ce pas entretenir le discours alarmiste des pays riches?

La population mondiale ne cesse d’augmenter. En 40 ans, elle a même doublé et elle pourrait passer de 7 milliards et demi d’individus à près de 10 milliards en 2050. Le 12 mars 2018, la revue Passages organise, avec le Cercle France-Amériques, le 16è Forum mondial du Développement durable (FMDD) sur le thème : "Les bombes démographiques du XXIe siècle". [Inscription par mail à : passages4@wanadoo.fr]
 

"Si vous regardez bien, il n'y a pas en tant que telle de surpopulation, la seule réalité c'est comment organise-t-on à plus nombreux la vie sur la planète?"

 

Du scénario catastrophe...

L'inquiétude au sujet de la surpopulation n’est pas nouvelle. Et en 1973, l'écrivain Jean Raspail marquait les esprits avec "Le camp des saints" (éd. Robert Laffont). Un livre ô combien sulfureux, décrivant un Occident menacé, en passe d’être envahi par des hordes d’immigrés affamés. Bien avant, en 1968, Paul R. Ehrlich, professeur à l’université de Stanford, publiait "The Population Bomb", traduit en français sous le titre : "La bombe P" (édité en 1971 par l'association Les Amis de la Terre). 

À cette époque, "un courant aux États-Unis" manifestait "sa crainte de voir les pays d'Amérique latine et d'Asie croître beaucoup plus vite que l'Amérique du Nord et l'Europe" comme l'explique Roland Pourtier. Le géographe souligne qu'au sortir de la Seconde Guerre mondiale "on s'inquiétait déjà de ce décalage entre une population explosive et les ressources de la planète qui sont limitées", puisqu'en 1948 Henry Fairfield Osborn, Jr publiait "La Planète au pillage" - avec une préface de Pierre Rabhi.

 



 

... au Développement durable

Sommes-nous réellement trop nombreux sur terre? Cette "peur géopolitique" formulée dans les années 60 par les pays du Nord relève pour Roland Pourtier d'une "vision géopolitique du monde" et du fait que ces pays "se sont rendus compte qu'ils étaient de moins et moins nombreux et donc menacés par la croissance économique du Sud". Pour Emile Malet, il est temps de prendre le contrepoint de cette rhétorique de la peur. "Notre époque est pleine de peurs, on fait peur par tous les moyens, l'alimentation, le sport, le travail..." 

Et pour dépasser ce discours alarmiste, il propose d'envisager la démographie sous l'angle du Développement durable. La question directement sous-jacente à celle de la démographie est en effet l'égalité dans le partage des ressources. "Si vous regardez bien, il n'y a pas en tant que telle de surpopulation, observe Jean-Claude Beaujour, la seule réalité c'est comment organisr-t-on à plus nombreux la vie sur la planète?"

 

Invités

  • Roland Pourtier , géographe, spécialiste de l’Afrique centrale, professeur émérite de l’université Paris-I Panthéon-Sorbonne, président de l’Association des géographes français, membre de l’Académie des sciences d’outre-mer

  • Jean-Claude Beaujour , docteur en droit, avocat international, vice-président du Cercle France-Amériques

  • Emile Malet , journaliste, directeur de la revue Passages, chroniqueur à RCF

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La grande émission interactive pour aborder tous les sujets de société, qui font l'actualité. Antoine Bellier reçoit ses invités pour réfléchir, approfondir, apprendre et donner du sens à tous les sujets du moment. Posez vos questions ou témoignez en direct pendant l’émission 04 72 38 20 23 ou par mail à l'adresse letempsdeledire[arobase]rcf.fr.

Le présentateur

Antoine Bellier

Journaliste à RCF depuis 2009, Antoine est passé par Le Mans et La Roche-sur-Yon, avant de rejoindre la rédaction nationale en septembre 2013. Curieux de l’actualité sous toutes ses formes, amateur de cinéma et de littérature, il lui arrive de passer du micro à la plume.