Des négociations post-Brexit encore difficiles

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jeudi 19 novembre à 7h13

Durée émission : 7 min

Des négociations post-Brexit encore difficiles

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Les négociations post-Brexit entre la Grande-Bretagne et l'Union européenne ont repris ce lundi, à Bruxelles. Mais les points de blocage subsistent et aucun compromis ne semble se dessiner.

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Le moins que l’on puisse dire c’est que le non-respect des délais est presque devenu une tradition dans les négociations sur le Brexit. Après avoir raté la date butoir de mi-novembre, Londres et Bruxelles disent toujours vouloir parvenir à un accord avant le 31 décembre. Et continuent donc de discuter. Mais, difficile de voir ce qui pourrait faire avancer ce qui ressemble à un dialogue de sourd.

D'importants points de blocage

Les points de blocage sont toujours les mêmes depuis maintenant plusieurs mois. "Les points de contentions restent : la nécéssité de trouver un niveau de concurrence égal, des quotas pour la pêche, et la gouvernance de l'accord final. Ces questions sont politiques", explique Georgina Wright, analyste du Brexit pour le think tank britannique "Institute for government". 

De chaque côté, les déclarations alternent entre pessimisme et volonté de trouver un accord. Mais chaque camp exige de l’autre qu’il fasse le premier pas, notamment après un sommet européen mi-octobre marqué par la fermeté des 27 États membres. L’Union européenne voulait ainsi répondre au revirement de Boris Johnson qui a fait adopter fin septembre un projet de loi remettant en cause l’accord sur le Brexit, qu’il avait pourtant lui-même obtenu un an plus tôt.

Pour Aurélien Antoine, professeur à l’université de Saint-Étienne et directeur de l’Observatoire du Brexit, le problème de fond réside surtout en une différence d’approche et une forme de dogmatisme. "Le gouvernement britannique essaye de dire qu’on peut se débarasser facilement d’un dossier qui va les empoisonner pendant des années tout en essayant de maintenir les relations les plus favorables avec l’Union européenne pour leur économie", affirme-t-il.

Sans traité commercial, Londres et Bruxelles risquent un nouveau choc économique, qui viendrait s’ajouter à l’épidémie de Covid-19. Un "no deal" serait dommageable pour les deux parties. 

Une position politique illisible Outre-manche

Boris Johnson veut sans doute en finir rapidement avec le dossier du Brexit. Mais le jeu peu lisible du Premier ministre britannique ne facilite pas les choses. "Il y a une forme d’impréparation. Finalement on a l’impression qu’il y a n’a pas d’objectif prédéterminé", estime Aurélien Antoine, le directeur de l’Observatoire du Brexit. 

Cela commence à coûter à Boris Johnson sur le plan de la politique intérieure. La semaine dernière, le Premier ministre britannique a vu partir deux de ses proches conseillers. Outre-Manche, on n’y voit pas plus clair. "Je pense que le Premier ministre souhaite un accord avec l’Union européenne mais pas à tout prix. Ses demandes et ses attentes sont incompatibles avec celles de l’Union européenne", explique Georgina Wright, du think tank "Institute for government". 

Une compromis impossible ? 

Une chose est sûre : sans accord, les échanges entre les deux parties seront, dès le 1er janvier, régis par les règles de l'Organisation mondiale du commerce, synonymes de droits de douanes élevés. Même en cas de compromis évitant cette brusque rupture, les entreprises doivent se préparer à de lourdes démarches pour pouvoir exporter leurs marchandises. Ce qui risquent de tendre les relations. "Il y aurait besoin qu’ils mettent en place des règles unilatérales pour permettent par exemple que les avions puissent continuer à survoler le Royaume-Uni. Il y a un risque que les quelques mois qui suivent soient assez turbulents", assure Georgina Wright. 

Un sentiment partagé par le directeur de l’observatoire du Brexit, Aurélien Antoine : "À court terme c’est le Royaume-Uni qui va le plus en pâtir. Boris Johnson a beaucoup plus à perdre avec un 'no deal'. L’absence d’accord est mauvais sur tous les points mais l’Union européenne reste très stricte".

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Le présentateur

Florence Gault

Journaliste à RCF depuis 2005, Florence a d’abord travaillé à RCF Méditerranée, à Toulon pendant six ans, avant de rejoindre la rédaction nationale. Globe-trotter dans l’âme, elle aime partir à la rencontre de l’autre. Ce qu’elle préfère à la radio: jouer avec les sons pour vous raconter des tas d’histoires!