L'habitat bi-générationnel, l'éloge du vivre ensemble

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La chronique d'Habitat et Humanisme

vendredi 8 juin à 6h55

Durée émission : 3 min

L'habitat bi-générationnel, l'éloge du vivre ensemble

Si jeunesse savait et si vieillesse pouvait...L’habitat intergénérationnel met hors d’âge cet adage.

Ce 1er juin, Habitat et Humanisme inaugurait à Nice un habitat partagé de 40 logements, rue des Lilas sous la présidence de Mme Dominique Estrosi-Sassone, Sénatrice, Conseillère de la Métropole, rapporteur de la loi ELAN.
 
Avec chaleur et dynamisme, elle posa notamment deux questions aux résidents :
- l’une aux étudiants : pourquoi avoir choisi cette forme d’habitat ? parce que cela a du sens, répond immédiatement l’un d’entre eux.
- l’autre à une personne âgée : ne craignez-vous pas d’être submergée par la jeunesse ? Sa réponse : quelle chance de ne pas être mise en retrait ! Vivre c’est vibrer.Cette femme, de près de 90 ans, pour avoir perdu son mari il y a un an, hésita à rentrer dans un EHPAD ; puis elle se ravisa pour retenir ce mode d’habitat. Les rides du beau visage de cette femme ne manifestent aucune ombre d’amertume mais de la joie ; elle vit.
 
Que de solidarités se construisent via ce type d’habitat. Ne serait-il pas le signe d’une Société qui, pour se bâtir sur la confiance et la richesse des différences, crée les conditions de sa cohésion.
 
Il faut savoir oser pour refuser l’indifférence destructrice des relations. Que de morts psychologiques anticipent la mort biologique !
 
Si tu supprimes l’altérité, ce sera l’indistinct et le silence, dit Plotin. Le philosophe, François Jullien, de préciser dans son ouvrage Si près, tout autre, qu’en effet tout se tait si de l’autre ne se détache plus.
 
Au sein de cette opération, nous avons entendu, non pas un silence, mais une parole joyeuse, témoignant d’une vraie relation. Comment s’en étonner, s’agissant d’une liberté qui se construit dans des espaces attentifs à l’intimité de chacun, tout en facilitant une complémentarité qui, pour être désirée, fait vivre, plus encore exister. Mais oui, c’est bien sûr ! Ce sont les rencontres qui nous changent et nous éveillent à des solidarités corrélatives du « faire et du vivre ensemble ».
 
Là où nous quittons les faux semblants, le « moi préfabriqué » s’efface. Alors, chacun devient ce qu’il est appelé à être, un vivant ; l’autre n’est plus l’étrange, mais le frère. L’acte de construire, quand il donne une place à ceux qui ne l’on pas ou difficilement, renchérit la valeur du bien d’un prix inestimable, celui d’une hospitalité où l’homme, tout homme, quelle que soit sa fragilité, est reconnu.
 

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