​Les secousses des élections européennes

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Regard politique

mercredi 29 mai à 7h20

Durée émission : 3 min

Regard politique

Quelques jours après les élections Européennes, François Ernenwein évoque le paysage politique français. Et au vu des résultats, il va y avoir du changement.

Le Rassemblement national devance la République en marche aux européennes. Est-ce grave ? 

L’avance est faible. Mais sur fond de participation en hausse spectaculaire, les résultats ont confirmé les projections de dimanche soir : un léger avantage à la liste de Jordan Bardella. Ce résultat n’ouvre pas de crise institutionnelle en France. Aux Européennes de 2014, la liste d’extrême droite était arrivée en tête sans modifier vraiment la donne.

Ces résultats sont pourtant un sérieux revers pour Emmanuel Macron...

Le chef de l’État, excluant tout changement de cap, va devoir éclairer d’une lumière nouvelle les grands chantiers annoncés (assurance-chômage et retraites). Il aura aussi à revoir sa méthode en entrant – bien plus que pendant les deux ans passés – dans une pratique du dialogue et de compromis. D’autant que le score inattendu de la liste Europe Écologie les Verts sonne comme une ferme invitation à verdir son action.

Mais ce duel n’est pas tout...

Le duel – La République en marche contre le Rassemblement national, délibérément exacerbé – a pu en cacher d’autres, dans tous les camps. Les résultats de ces élections européennes vont en effet encourager de nouvelles recompositions.

À gauche – hors la liste Jadot –, c’est la Bérézina. Les écologistes sont en position, si c’est encore possible, d’organiser le nouveau paysage. La France insoumise s’est effondrée et le PS et Raphaël Glucksmann passent péniblement la barre des 5 %. Tout le reste est éteint.

À droite, les ruines sont comparables. La liste Bellamy plafonne à 8 points. Ce résultat annonce de nouvelles crises chez Les Républicains dont on perçoit déjà les prémices. À l’extrême droite, seul le Rassemblement National s’installe.

Va-t-on vers une nouvelle recomposition de la vie politique en France ?

Ce scrutin européen devrait donc accélérer la recomposition politique entamée à la présidentielle de 2017. Aux 34 listes de 2019 et à l’émiettement va peu à peu se substituer un nouvel ordre et de nouvelles alliances. En France évidemment.
Mais aussi en Europe. L’alliance de la droite modérée et des sociaux-démocrates ne constitue plus une majorité au parlement européen. Pour faire avancer l’Union et pour contrer les populistes de nouvelles alliances seront indispensables.
 

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La vie politique sous le regard de François Ernenwein.

Le présentateur

François Ernenwein

François Ernenwein est rédacteur en chef au quotidien La Croix.