Meurtre à Gdansk, un signal pour l'Europe

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La chronique Europe

vendredi 18 janvier à 7h20

Durée émission : 3 min

Anne Macey raconte les causes et conséquences de la mort de Pawel Adamowicz en Pologne.

Le Maire de Gdansk, Pawel Adamowicz, du principal parti d’opposition polonais, a été assassiné sur le podium de la plus importante organisation caritative. Est-ce que la violence des débats avec le parti populiste au pouvoir a joué un rôle dans ce meurtre ?

La violence de débats extrêmement polarisés, haineux, peut conduire jusqu’au meurtre… en Pologne comme ailleurs en Europe. Ce meurtre est un signal d’alarme partout en Europe. Les partis populistes et les mouvances extrémistes, dès lors qu’ils appellent.
  
Gdansk pourtant, c’est le berceau du célèbre syndicat Solidarnosc qui a aidé à détrôner le communisme. Son maire en était issu. Mais la ville est devenue ensuite un centre d’opposition au parti au pouvoir le PiS. Le PiS a justement été mis au pilori par les Européens pour risque d’attente grave à la démocratie, avec notamment sa réforme de la justice. Pawel Adamowicz était justement l’un des fondateurs du parti de centre-droit, pacifiste : la Plateforme Civique en 2015. Maire de Gdasnk depuis 1998, il a soutenu les droits des homosexuels et l’accueil des réfugiés, d’où son conflit avec le PiS, très conservateur. En plus, l’organisation caritative, le Grand orchestre de la charité de Noel, était traditionnellement un lieu qui unifiait les Polonais pour lever de l’argent pour des équipements médicaux. 

Poignardé à 53 ans, il en est mort lundi. Le meurtrier sortait tout juste de 7 ans de prison pour braquage de banques, mais il a incriminé le parti du maire, la Plateforme civique. Ce drame prend racine dans les profondes fractures entre la Pologne des campagnes et zones périphériques et celle des métropoles connectées. Mais à ceci s’ajoute une atmosphère politique toxique, voire nauséabonde.

Chacun sait qu’il y a un vieux fond antisémite en Pologne -en France aussi d’ailleurs-. Mais il se trouve que le maire, cette organisation caritative et son fondateur avaient récemment fait l’objet de campagne par le PiS et des groupes d’extrême droite.

Adamowicz apparaissait ainsi dans une vidéo du PiS comme l’un des initiateurs du "Pacte pour les migrations" supposé conçu délibérément afin d’inonder de musulmans les villes polonaises… Quelques jours avant le meurtre, sur la principale chaîne de TV publique, le fondateur de l’organisation caritative, apparaissait comme une marionette manipulant des sacs d’argent à destination de l’ancienne maire de Varsovie avec dessus, une étoile jaune ! Un mouvement de jeunes nationalistes avait même émis "un certificat de mort politique" contre lui, dénigré ainsi que l’organisation caritative comme symbole du libéralisme des moeurs et économique par la droite.

Ce drame rappelle l’assassinat de Jo Cox juste avant le referendum britannique. La responsabilité des partis et mouvements politiques est de condamner l’extrémisme et toute violence politique. 
 
 

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Le présentateur

Edouard Simon

Edouard Simon est directeur du bureau de Bruxelles du think-tank Confrontations Europe