Ordinations sacerdotales: pour le père Laurent Tournier, "le modèle de prêtre n'est pas figé"

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Le Grand Invité

vendredi 28 juin 2019 à 8h10

Durée émission : 15 min

Ordinations sacerdotales: pour le père Laurent Tournier, "le modèle de prêtre n'est pas figé"

© KTO

​125 nouveaux prêtres seront ordonnés en France dimanche.

Le père Laurent Tournier est le recteur du séminaire interdiocésain d’Orléans. Un séminaire important, puisqu’il accueille une trentaine d’hommes en marche vers la prêtrise. "Le séminaire Notre Dame de l’Espérance existe depuis 1982. Depuis, il s’est agrégé dix-sept diocèses qui envoient leurs séminaristes pour former cette communauté, encadrée par six prêtres" explique-t-il.
 

"L'ordination n'est pas un diplôme"

Quatre des prêtres qui seront ordonnés dimanche sortent du séminaire d’Orléans. Un moment important pour le père Laurent Tournier. "Tout commence. Quand ils s’en vont, les séminaristes savent qu’ils n’ont fait que le premier pas. Pour moi, il y a une forme d’incertitude sur la suite. On travaille sur l’humain, sur le spirituel. Le Seigneur réserve aussi des surprises. Il faut s’adapter. L’ordination n’est pas un diplôme" ajoute-t-il.

Pour ce directeur de séminaire, une formation réussie pour un prêtre est avant tout "une question d’équilibre". "Si ce ne sont que des cerveaux, cela ne donnera pas grand-chose. Si ce ne sont que des priants, des incarnés, ce sera encore pire. L’enjeu c’est d’arriver à équilibrer toutes ces dimensions, à être bien dans sa peau, ses baskets ou ses sandales en fonction des modes et du climat ! Il faut surtout être bien dans sa relation à Dieu pour encourager d’autres à être à l’aise dans leur propre relation au Seigneur" précise le prêtre.
 

"Devenir disciple"

"Les séminaristes trouvent qu’il y a beaucoup d’études, et beaucoup de matières. Je crois que c’est indispensable. La première étape de la formation c’est de devenir disciple. La deuxième étape c’est de savoir comment je peux donner visage au Christ pour que d’autres le découvrent et que tous l’aiment. A Orléans, dès la première année, on les mets en situation d’apprentissage : ils rencontre des laïcs qui travaillent dans l’Eglise et des prêtres qui seront leurs formateurs de terrain" explique le père Laurent Tournier.

Tous ne deviendront cependant pas prêtres. "C’est une décision collégiale. Le premier qui décide c’est Dieu, le deuxième, c’est le séminariste, et en troisième, toute l’institution qui se met au service de ce discernement. Généralement, c’est lui qui prend conscience qu’il n’est pas fait pour cela. Parfois cela arrive que ce soit le séminaire qui demande l’arrêt" témoigne le recteur du séminaire d’Orléans.
 

"Les prêtres sont des baptisés comme les autres"

Aujourd’hui, la barque de l’Eglise est agitée. Des affaires de pédophilie, d’abus sexuels ou d’emprise psychologique qui touchent également les séminaristes. "On ne leur colle pas d’abord l’étiquette de pédophiles potentiels, contrairement à certaines personnes. L’intérêt de la situation, c’est que plus personne ne pourra dire qu’il ne savait pas. Ce n’est pas un sujet tabou, et en même temps ce n’est pas le cœur de la formation. Dans tout cela, on prend en compte le fait que le célibat peut être une question. Pour eux, ce n’est pas la question principale" lance-t-il.

"Ceci dit, ces questions ont été prégnantes, surtout à Orléans. Ils sont marqués par ces affaires. La souffrance, chacun la vit à différents degrés. Il y a une responsabilité assumée qui fait souffrir, mais en même temps, il y a la volonté que les choses changent à l’avenir. L’un des bénéfices que l’on peut envisager, c’est de se demander comment on peut travailler à la prévention. […] Les prêtres sont des baptisés comme les autres" conclut le père Laurent Tournier.
 
 
 
 
 

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Chaque matin, Stéphanie Gallet reçoit une personnalité au cœur de l’actualité nationale ou internationale. Décryptage singulier de notre monde et de ses enjeux, mais aussi découverte d’un parcours, d’un engagement. Au cœur de la grande session d’information du matin, une rencontre quotidienne pour prendre de la hauteur avec bienveillance et pour donner du sens à l’information.  

Le présentateur

Stéphanie Gallet

Journaliste à RCF depuis plus de 16 ans, Stéphanie s’intéresse à tout et tout l'intéresse. Elle aime les gens et voyage sans écouteurs.  Elle a presque tout appris en Bourgogne et garde dans son cœur un petit village du Minervois même si elle porte fièrement les couleurs de la Seine-Saint-Denis.