Un 11 mai à répétition

Présentée par UA-119854

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Regard politique

mercredi 22 avril à 7h20

Durée émission : 3 min

Un 11 mai à répétition

Si la reprise des activités va être progressive en France, le gouvernement nous invite à prendre conscience que nous ne retrouverons pas tout de suite notre "vie d'avant".

Parler d’un avenir incertain relève de la gageure. C’est sans doute une des raisons qui ont rendu l’exercice de la conférence de presse d’Edouard Philippe et Olivier Véran si délicat dimanche dernier. Forcément déceptif et fortement critiqué par les oppositions. Aucune annonce pendant deux heures, si on excepte les droits de visite élargis dans les EHPAD et un encouragement à poursuivre le télétravail quand c’est possible après le 11 mai. Rien de décisif donc, si ce n’est une défense et illustration très documentée et pédagogique de l’action du gouvernement depuis le début de la crise. A vrai dire, toutes les annonces sur l’après 11 mai sont désormais suspendues à la présentation du plan de déconfinement auquel l’exécutif travaille avec Jean Castex, maire et haut fonctionnaire. Il n’est bien sûr pas surprenant que tous ces réglages prennent du temps, surtout quand il faut à la fois entrer dans les détails et préciser la pensée, un peu solitaire et à l’emporte-pièce, du président de la République exprimée dans son allocution du 13 avril. Le chef de l’Etat avait alors fixé l’horizon du 11 mai pour une sortie progressive du confinement avec réouverture crèche, des écoles, des collèges et des lycées et un retour quasi-généralisé au travail pour tous les Français. Renvoyant aux annonces « dans quinze jours » du gouvernement les modalités pratiques de l’exercice.  
 
L’attente de décisions concrètes et précises reste donc toujours aussi forte pour éviter les confusions et les contradictions. A titre d’exemple, il a fallu un communiqué vendredi dans l’après-midi de l’Elysée pour sortir de l’ambiguïté sans doute soigneusement entretenue et pour comprendre que le confinement prolongé des « plus fragiles » (18 millions de personnes quand même, selon le professeur Delfraissy) s’organiserait sur la base du volontariat. Cette conférence a surtout confirmé ce que tout le monde imaginait. Les Français ne retrouveront « pas tout de suite et probablement pas avant longtemps » leur « vie d’avant » pour des raisons sanitaires évidentes, mais aussi économiques avec les conséquences probables sur la vie de tous les jours du recul spectaculaire de l’activité. Les pistes qui semblent désormais se dessiner est une gestion décentralisée du déconfinement, une progressivité organisée de la reprise des enseignements dans les écoles, les collèges et les lycées et même de la reprise du travail au sein des entreprises, avec un fort encouragement à la prolongation du télétravail.

Le 11 mai se déclinera pendant de nombreux jours, des semaines, voire des mois. La précipitation aurait été évidemment mauvaise conseillère et une gestion autoritaire et centralisée aurait été absurde. Le cadre général relève certes des décisions de l’exécutif. Mais une sortie de crise réussie dépend de l’engagement de chacun.
 
 

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Le présentateur

François Ernenwein

François Ernenwein est rédacteur en chef au quotidien La Croix.