Une nouvelle commission pour l'Europe

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La chronique Europe

vendredi 13 septembre à 7h20

Durée émission : 3 min

Une nouvelle commission pour l'Europe

Mardi dernier, la nouvelle Commission européenne a dévoilé la composition de son équipe et la répartition des portefeuilles

La nouvelle équipe que propose Ursula von der Leyen, présidente-élue de la Commission européenne, me semble d’abord être caractérisée par l’équilibre qu’elle cherche à incarner.

Equilibre homme-femmes, tout d’abord, avec 14 hommes pour 13 femmes, dont la Présidente. Equilibre politique ensuite avec 10 Commissaires de Gauche, 9 de Droite, 6 centristes, 1 souverainiste et 1 vert. Equilibre géographique, enfin, puisque sur les 8 vices présidences de la Commission – qui reflètent les priorités de cette nouvelle Commission, on observe un équilibre quasi parfait entre Nord/Sud, Est/Ouest, grand pays / petits pays a été respecté.

Un bel exercice politique en somme, dans le sens noble du terme, avec des poids lourds politiques. Une équipe prometteuse donc.

Seule fausse note, l’intitulé du poste du Commissaire Grec en charge de la « protection de notre mode de vie européen », ce qui recouvre les migrations, qui a provoqué un tollé notamment à Gauche, et devrait probablement disparaitre au profit d’un intitulé plus consensuel.

La France s’en tire très bien avec un gros portefeuille économique pour Sylvie Goulard, qui sera en charge du Marché intérieur, de la stratégie industrielle européenne, et des politiques industrielles dans les domaines stratégiques de la défense et de l’Espace. Un portefeuille qui satisfait l’Elysée, qui rappelons-le avait très fortement poussée la candidature d’Ursula von der Leyen et qui a qualifié ce portefeuille d’ « essentiel et central ».

On remarquera au passage les signaux forts envoyés à nos alliés avec la création d’une Direction Générale pour les industries de défense et spatiales et le doublé de Margarete Vestager – le cauchemar des GAFA – qui non seulement conserve le portefeuille clé de la concurrence mais en plus chapeautera toute la stratégie digitale de la nouvelle Commission…

UNE COMPOSITION QUI PEUT ÉVOLUER

La composition de la Commission présentée par Ursula von der Leyen n’est, à ce stade qu’une proposition de sa part. S’ouvre maintenant pour les Commissaires désignés une période d’audition par les Commissions pertinentes du Parlement européen, qui doit approuver la composition de la Commission à une majorité des deux tiers. Ces auditions, qui auront lieu entre le 23 septembre et le 8 octobre prochains sont loin d’être une formalité et les impétrants n’ont pas intérêt à prendre ceux-ci à la légère… sous peine de ne pas être confirmés dans leur mandat.

En 2014, l’ex-présidente de la Slovénie, Alenka Bratusek, qui aurait dû devenir Vice-Président en charge de l’énergie, avait été écartée suite à la très mauvaise audition qu’elle avait réalisée…

Cette année, semblent compromises la candidature de la roumaine Rovana Plumb, en raison de forts soupçons de corruption à son endroit, et celle du hongrois László Trócsányi, qui est l’ancien ministre de la justice à l’origine des réformes jugées contraires à l’Etat de droit par Bruxelles…

Une fois l’approbation du Parlement, c’est au Conseil européen de voter (à la majorité des deux tiers) pour formellement investir la nouvelle Commission, qui prendra ses fonctions le 1 er novembre prochain.

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Le présentateur

Edouard Simon

Edouard Simon est directeur du bureau de Bruxelles du think-tank Confrontations Europe