Confinement: le grand retour de la faune sauvage?

Présentée par PR-20073

S'abonner à l'émission

La chronique Écologie

mardi 31 mars à 7h20

Durée émission : 3 min

Confinement: le grand retour de la faune sauvage?

© Pixabay / WimdeGraaf

Beaucoup remarquent que depuis le confinement, les animaux sauvages sont davantage présents autour de nous. Illusion ou réalité?

Je voudrais d’abord nuancer fortement les titres un peu racoleurs comme quoi la nature reprendrait ses droits. Les animaux ne se sont pas multipliés par magie en quinze jours. Certains sont plus visibles parce qu’ils s’aventurent près de nous de jour, alors que la peur de l’homme les confinait à la nuit. Il ne faut pas oublier que c’est à cause de nous et de nous seulement que beaucoup de mammifères sauvages sont devenus nocturnes. Là, oui, on peut dire qu’ils reprennent ce qui leur appartient. Mais pour l’essentiel, c’est d’abord nous qui sommes, par la force des choses, plus à même de les entendre. Le bruit a décru et surtout nous avons davantage le temps.

Les amphibiens, crapauds, tritons, salamandres devraient bénéficier de la réduction de nos activités puisqu’ils auront pu cette année rejoindre leurs lieux de reproduction sans avoir à craindre les voitures. Idem pour les hérissons et bien d’autres. Autre avantage, les espaces verts publics et privés qui sont moins tondus et se couvrent de fleurs sauvages, comme la cardamine, cette grande fleur rose pâle qui fleurit en ce moment. Là, le gain perdurera si à notre retour nous en profitons pour dire aux responsables : « dites, finalement c’est pas plus mal de moins tondre, c’est beau, c’est écolo et en plus c’est économique. » Par contre, on voit beaucoup de particuliers confinés dans leur jardin tondre et tailler comme des fous pour s’occuper donc là, stop ! Laissez des zones tranquilles pour la faune et la flore. En tout cas, ces bénéfices sont très ponctuels. Les milieux naturels ne ressuscitent pas par magie. Il nous est aussi difficile de mesurer ce qui se passe puisque pour l’essentiel les naturalistes sont eux aussi confinés chez eux, sauf les professionnels. Mais les citoyens peuvent quand même nous aider.

Exactement, ces programmes ont été lancés dans toute l’Europe avec divers mots-clés. Le réseau faune-France propose de noter les oiseaux de chez soi, même de sa fenêtre ou son balcon, tous les jours sur un créneau de 10 minutes. On peut alors s’apercevoir que même en pleine banlieue parisienne dense on peut voir des merles, trois espèces de pigeons, des rougequeues, pourquoi pas un Faucon crécerelle. Toutes les consignes de notation sont sur ce site internet, c’est ouvert à tous et cela peut aussi nous aérer enfin un peu l’esprit.

Sur le même thème :

Les dernières émissions

L'émission

Le mardi à 7h20

Le point sur l'actualité de l'écologie, chaque semaine dans La Matinale RCF.

Le présentateur

Johannes Herrmann

ornithologue, auteur avec Mahaut Hermann de La Vie Oubliée Crise d’extinction Agir avant que tout s’effondre Edition Première partie Membre de la rédaction de la revue Limite http://revuelimite.fr/ sur Twitter : @Taigasangare