11 novembre: "nous devons nous mettre à la hauteur du sacrifice de nos anciens" explique l'abbé Christian Venard

14 novembre 2016 Par

Vendredi, la France commémore la fin de la première guerre mondiale. L'un des conflits les plus meurtriers qu'ait connu l'Hexagone dans son histoire avec 1,4 million de morts.

Un an après les attentats de Paris, et dans un contexte marqué par une succession d'événements tragiques (l’attentat de Nice le 14 juillet et l’assassinat du père Jacques Hamel le 26 juillet), quel sens prend cette année la commémoration de la fin de la 1ère guerre mondiale le 11 novembre 1918 ?

Pauline de Torsiac a posé la question à l’abbé Christian Venard, aumônier militaire depuis 1998. Placé auprès des parachutistes français pendant plus de quinze ans celui que l’on appelle le "Padre" a participé à toutes les opérations extérieures ces dernières années où l’armée française a été engagée. Il est actuellement aumônier de la région de Gendarmerie Aquitaine. Il est l’auteur avec le journaliste Guillaume Zeller d’un livre Un prêtre à la Guerre aux éditions Tallandier. 

"Nous fêtons le sacrifice de nos anciens, grâce auquel nous avons la chance de vivre dans le pays dans lequel nous vivons. Ils ont donné leur vie pour qu’aujourd’hui nous puissions vivre dans notre pays. Et la situation de terrorisme actuel nous rappelle que nous sommes engagés dans une guerre qui n’a rien à voir avec la guerre de 14-18, mais que tous ceux qui ont donné leur vie auparavant ont un certain droit sur nous. Nous devons nous mettre à la hauteur de leur sacrifice" explique-t-il.

Les conflits évoluent. Le rôle des aumôniers militaires également. "Il n’évolue pas dans le sens où cela ne change pas notre mode de présence. Et oui, pour des raisons concrètes. L’aumônerie doit quand même repenser sa présence auprès des soldats. Par ailleurs nous avons un devoir de réflexion pour nos frères militaires, et pour la société  civile. Nous sommes à la jonction. Nous pouvons témoigner et enseigner comment nous réagissons comme militaire, et comment la population française devrait se préparer à des choses difficiles" précise l’aumônier.

Aujourd’hui la France déploie des soldats en opérations extérieures, mais aussi sur son territoire national, dans le cadre de l’opération Sentinelle notamment. L’abbé Venard explique que les attentes de ces soldats sont différentes. "Ils sont en attente que les grands chefs militaires et les décideurs politiques leur donnent des ordres pour qu’ils puissent remplir au mieux leur mission sur le sol national. A l’extérieur, ils attendant davantage de considération et d’affection de la part de la population" ajoute-t-il.

Ces soldats sont la cible de terroristes aujourd’hui, tous comme les prêtres, comme le rappelle l’assassinat du père Jacques Hamel. L’abbé Christian Venard, qui "cumule" les deux fonctions, reconnait ne pas avoir peur, du fait de son expérience sur plusieurs théâtres d’opération. Il explique enfin qu’en tant que chrétien,  "nous nous affermissons dans la foi en tant que chrétien" et qu’il nous faut nous rappeler la phrase de Jean-Paul II : "n’ayez pas peur".