Abus dans l’Eglise: pour Jean-Marc Sauvé, "il ne suffit pas de compter, il faut comprendre ce qui s'est passé"

8 novembre 2019 Par

Le président de la commission indépendante d’enquête sur les abus dans l’Eglise a présenté ses premières conclusions aux évêques, à Lourdes.

C’est peu de dire que la présentation des premières conclusions des travaux de la commission indépendante d’enquête sur les abus sexuels commis par des religieux dans l’Eglise catholique (CIASE) étaient attendues par l’épiscopat français. Son président, Jean-Marc Sauvé, est arrivé à Lourdes avec de nombreux chiffres en la matière. Il revient sur cette présentation au micro d’Etienne Pépin, envoyé spécial de RCF à l’Assemblée plénière de Lourdes.

"Je crois que j’ai été entendu avec beaucoup d’attention. Il y avait une très grande concentration dans l’amphithéâtre. Les nombreuses questions qui ont été posées montrent l’intérêt que les évêques portent à cette question pour faire la lumière de la manière la plus exhaustive possible sur ce qui s’est passé. Les évêques sont très sensibles à la nécessité d’aller au-delà du quantitatif. Il ne suffit pas de compter. Il faut comprendre ce qui s’est passé" explique-t-il au micro de RCF.

2.800 signalements. C’est le dernier décompte de la CIASE qui a fait une nombreuse collecte de témoignages. "Les statistiques ne disent pas toute la vérité, mais elles permettent d’éclairer un peu le sujet. On a une grande majorité de mineurs au moment des faits, 87%. 13% étaient majeurs, mais plutôt jeunes, de 18 à 25 ans. On a une proportion assez élevée d’hommes victimes d’abus sexuels. Et puis nous avons des indications sur l’âge des premiers abus. Les enfants de 10 ans et moins représentent 34% des mineurs" ajoute le président de la CIASE.

Ces témoignages permettent bien évidemment de mieux appréhender le drame des abus sexuels. Mais ce sont des témoignages limités. "Il s’agit de 20 minutes de conversation avec les écoutants de France Victimes. A la suite de ça, il est proposé de répondre à un questionnaire qui est en cours de dépouillement. Ce questionnaire nous apporte beaucoup d’indications quantitatives. Mais ce qui nous est en particulier révélé, c’est la souffrance au travers de l’audition des victimes. Nous prenons la mesure du contexte dans lequel les abus se sont produits. Nous prenons conscience des abus d’autorité, de conscience, qui ont débouché sur des abus sexuels" lance encore Jean-Marc Sauvé.
 

Jean-Marc Sauvé, président de la CIASE, au micro d’Etienne Pépin :

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