Agriculture: le Conseil européen se réunit sous haute tension

14 mars 2016 Par

En pleine crise de l’élevage, les ministres européens de l’Agriculture se réunissent ce lundi afin de prendre des mesures concrètes, demandées notamment par les éleveurs français.

Les agriculteurs et les éleveurs français ont les yeux rivés sur Bruxelles, ce lundi 14 mars. Les ministres de l’Agriculture des 28 pays membres de l’Union européenne sont réunis aujourd’hui pour un Conseil européen aux enjeux particuliers. Cela fait en effet plusieurs semaines que les éleveurs et agriculteurs français se manifestent afin d’alerter le gouvernement sur leur situation, devenue invivable pour nombre d’entre eux, à cause d’une guerre des prix, avec la grande distribution notamment.

Ces éleveurs, après avoir manifesté leur mécontentement contre le gouvernement, lui demandent aujourd’hui d’agir concrètement auprès de Bruxelles, afin que l’Europe prenne des mesures concrètes pour leur permettre de sortir la tête de l’eau, sur la question des prix notamment, mais également celle des normes etc… C’est en tout cas ce qu’attendent de Stéphane Le Foll, ministre français de l’Agriculture, particulièrement chahuté ces dernières semaines.

A Bruxelles, le constat est le suivant : il existe une surproduction et les prix s’effondrent, la crise est présente, et "pas près de nous quitter" selon les mots du commissaire européen à l’Agriculture, Phil Hogan. Pour tenter de calmer la grogne des éleveurs français, Stéphane Le Foll prépare depuis plusieurs semaines cette réunion à Bruxelles. Selon lui, il aurait réussi à séduire plusieurs homologues qui devraient le rejoindre sur ses positions.

Stéphane Le Foll souhaite notamment que les prix du lait soient stabilisés, puis réduits. La France souhaite également que le niveau de stockage de la poudre de lait soit relevé de 109 000 à 160 000 tonnes pour les 28 Etats membres. En ce qui concerne le porc, le ministre de l’Agriculture veut obtenir de Bruxelles que soit renforcée l’aide au stockage privé et un relèvement du plafond des aides ministérielles, de 15 000 à 30 000 euros sur trois ans.

Se poserait également la question de la levée de l’embargo russe, qui selon Stéphane Le Foll, relève de négociations politiques au plus haut niveau. En ce qui concerne le porc, et le lait, la France s’attend à lutter contre l’Irlande, la Suède, le Danemark et la Grande-Bretagne, qui ne partagent pas le constat d’une surproduction. Autant dire que la mission de Stéphane Le Foll ne sera pas facile. Mais le ministre de l’Agriculture français prévient : "si on n'est pas capables ensemble à l'échelle européenne de mieux se coordonner et mieux se concerter, à ce moment-là on ira vers des situations encore plus graves que celles que l'on connaît".

Thierry Roquefeuil, président de la Fédération nationale des producteurs de lait: