Allemagne: la justice se prononce sur l’interdiction d’un parti néonazi

1 mars 2016 Par

La justice allemande se prononce examine pendant trois jours la demande du Bundesrat, d’interdire le parti néonazi NPD.

La Cour constitutionnelle allemande a été saisie par le Bundesrat, la chambre haute du Parlement allemand, qui demande à ce que soit interdit le parti NPD, considéré comme néonazi. La plus haute juridiction allemande se laisse trois jours à compter du mardi 1er mars, pour étudier cette requête, et interdire ou non cette formation politique. Sa décision ne devrait pas être connue d’ici plusieurs mois.

Le Bundesrat explique que "puisque le NPD, par ses objectifs et le comportement de ses membres, veut déstabiliser et mettre à bas l’ordre libéral-démocrate et envisage de le faire de manière agressive et combative à travers ses activités politiques, il est anticonstitutionnel". Ce parti, né en 1964 sous l’impulsion d’anciens fonctionnaires nazis, témoigne d’une histoire sulfureuse. Et même si Angela Merkel ne s’est pas associée à la requête du Bundesrat, son gouvernement qualifie cette formation politique de xénophobe, et contraire à la Constitution.

Mais le NPD ne compte pas se laisser abattre sans rien dire. Il compte bien invoquer la liberté des partis, inscrite dans la Loi fondamentale de l’Allemagne, pour se maintenir en vie. En Allemagne, certains juristes luttant contre l’extrême-droite, à l’image de Horst Meier, estiment même que le parti ne représente pas de réel danger.

Ce qui pourrait arriver si le parti venait à être interdit, estiment même certains Allemands. Selon un dernier sondage réalisé en Allemagne, 69 % des personnes interrogées seraient favorables à son interdiction, les autres estimant qu’interdire le NPD reviendrait à ne plus pouvoir le contrôler, et à entraîner ses membres vers davantage de radicalisation.