Le "burkini" interdit sur les plages de huit communes

17 août 2016 Par

Huit mairies françaises ont interdit le "burkini" sur leurs plages pour éviter les "troubles à l'ordre public", quelques semaines après l'attentat de Saint-Etienne-du-Rouvray.

Plusieurs mairies côtières de France - on en compte actuellement huit - ont interdit ces dernières semaines le "burkini", une tenue de plage portée par les femmes de confession musulmane, qui couvre leur corps et leur tête.

 

Le contenu de cet arrêté

La mairie Les Républicains de Cannes (Alpes-Maritimes) est la première cet été à avoir pris un arrêté pour l'interdire. Signé le 28 juillet dernier, il dispose que "l'accès aux plages et à la baignade sont interdits (...) à toute personne n'ayant pas une tenue correcte, respectueuse des bonnes mœurs et de la laïcité, respectant les règles d'hygiène et de sécurité des baignades adaptées au domaine public maritime", à savoir donc une tenue qui ne manifeste pas "de manière ostentatoire une appartenance religieuse". L'arrêté fixe également le tarif d'une amende - 38 euros - qui sera appliquée à toute personne surprise en train de porter un "burkini"

D'autres mairies de droite lui ont ensuite emboîté le pas: le Cap d'Ail et Villeneuve-Loubet (Alpes-Maritimes), le Touquet et Oye-Plage (Pas-de-Calais), Leucate (Aude) et Sisco (Haute-Corse). La commune de Mandelieu-la-Napoule avait déjà pris en juillet 2013 un arrêté similaire. 
 

Eviter les troubles à l'ordre public

Principale raison évoquée par les maires: "éviter les troubles à l'ordre public", comme l'a plaidé le Premier ministre Manuel Valls dans une interview donnée à La Provence. "Je comprends les maires qui, dans ce moment de tension, ont le réflexe de chercher des solutions (...) Je soutiens donc ceux qui ont pris des arrêtés, s'ils sont motivés par la volonté d'encourager le vivre ensemble, sans arrière pensée politique" a-t-il déclaré.

Pour la plupart des maires, c'est donc la crainte des tensions que le port des "burkinis" pourrait provoquer, dans un contexte où la France est durement touchée par la violence terroriste, qui a motivé cette décision. Certains maires, comme celui de Sisco en Haute-Corse, ont également assuré vouloir protéger leur population, notamment la population musulmane. Selon des témoins, une rixe aurait en effet eu lieu à Sisco entre des familles de la communauté musulmane du quartier Lupino à Bastia et des habitants du village. C'est ce qui aurait poussé le maire de la ville Ange-Pierre Vivoni a prendre cet arrêté.