​Le prochain Synode sur la famille a sa feuille de route

L’instrumentum laboris de la 14ème Assemblée générale du Synode ordinaire des évêques qui se tiendra du 4 au 25 octobre, a été présenté ce mardi dans la salle de presse du Saint-Siège.

Prudent, diront les uns. Reflétant fidèlement les points de consensus et les divergences au sein de l’Eglise, diront les autres. L’instrumentum laboris du prochain Synode ordinaire des évêques à Rome sur la pastorale familiale de l’Eglise a été présenté à la presse ce mardi. Ce sont les cardinaux Lorenzo Baldisseri, secrétaire général du Synode des évêques, Peter Erdö, rapporteur général, et Mgr Bruno Forte, secrétaire spécial de l’Assemblée d’octobre qui l'ont dévoilé.
Ce document de travail, très attendu et pour l’heure publié en italien, va orienter les réflexions et les débats des Pères synodaux sur le thème : "La vocation et la mission de la famille dans l’Eglise et le monde contemporain".

Il reprend les conclusions du Synode extraordinaire des évêques d’octobre 2014 contenues dans la relatio synodi. Il est enrichi aussi des lignes fortes des synthèses envoyées au printemps par les Conférences épiscopales nationales, fruits des réponses au questionnaire envoyé par Rome aux diocèses du monde entier après le premier synode.

"Changement anthropologique"

Trois grandes parties composent cet instrumentum : l’écoute des défis de la famille, le discernement de la vocation familiale et la mission de la famille aujourd’hui.
Le document propose d’abord de nombreux points d’attention pour les pères synodaux face à un véritable "changement anthropologique" dans la société concernant le mariage et la famille. Il s’interroge ainsi sur la crise du mariage et de la famille et il encourage l’Eglise à annoncer "l’Evangile de la famille". Il s’arrête en outre sur le rôle majeur de la femme et "la plus grande valorisation de leur responsabilité dans l’Eglise". Il souhaite enfin un meilleur accompagnement des couples mariés civilement et des couples concubins.

Le document insiste aussi sur le caractère indissoluble du mariage, mais aussi sur une plus grande attention à l’égard des couples en crise en développant une "pastorale de la réconciliation et de la médiation" pour les couples séparés ou en difficulté, au sein de chaque diocèse.

"Chemin pénitentiel"

L’instrumentum laboris évoque également un consensus autour d’un "chemin pénitentiel" placé sous l’autorité de l’évêque pour les divorcés remariés civilement, dont le premier mariage est déclaré nul et qui vivent dans la continence. Si le document se refuse de trancher la question très sensible de l’accès à la communion eucharistique, il préconise de "faire tomber" certaines interdictions faites aux divorcés remariés dans l’activité pastorale, comme celle de faire la catéchèse. Par ailleurs, un large consensus semble se dessiner pour un meilleur accès aux procédures de reconnaissance des cas de nullité matrimoniale.

Enfin, si le document de travail du prochain Synode rappelle l’opposition ferme de l’Eglise au mariage des personnes de même sexe, il souhaite cependant le développement de "projets pastoraux" spécifiques pour les homosexuels et leurs familles. L’instrumentum ne parle jamais de "couple" ou de "famille" homosexuelle.
Plus que jamais, il appartiendra au prochain Synode et en dernier ressort au pape François de trancher ou non les sujets qui font débat au sein de l’Eglise sur le mariage et la famille.