Les véritables conditions d'accueil des sans-abris à Angers

4 janvier 2018 Par

© La halte de nuit d'Angers, près de l'Espace Anjou depuis le 16 décembre 2017, peut accueillir 61 personnes dans des préfabriqués.

Concrètement comment se déroule l'accueil d'urgence pour les sans-abris dans le Maine-et-Loire ? Visite d'un centre d'hébergement à Angers, où les places manquent.

Emmanuel Macron avait promis qu’il n’y aurait plus personne à la rue en France, avant la fin 2017. Il y a quelques jours le délégué général de la République en Marche, Christophe Castaner déclarait que l'Etat offrait des capacités d'accueil mais que le problème était que des femmes et des hommes à la rue refusaient les places en hébergement d'urgence. Nous avons  voulu vérifier par nous même, en visitant un centre d'accueil pour sans-abris à Angers. 
 

700 places disponibles chaque nuit

En Anjou, près de 700 places d’hébergement d’urgence sont disponibles, dont une soixantaine à la halte de nuit d’Angers. Ce centre, initialement situé rue René-Rouchy près du centre-ville, a déménagé il y a deux semaines, en raison des travaux de la patinoire. Il est désormais installé chemin de traverse, au bord de la voie ferrée.

Le soir, dès 19 h 30, des dizaines de sans-abris sont massés devant la grille de cet établissement. Des bénévoles leur servent un bol de soupe ou une boisson chaude, pour les aider à patienter jusqu’à l’ouverture. François, qui fait du bénévolat tous les mardis déplore l’absence d’un préau : " il y a une semaine, on a fait attendre les gens deux heures sous la pluie. Un préau a été promis par la mairie mais pour le moment, il n'a pas encore été aménagé et c'est un gros souci." A 20 heure, la grille s’ouvre enfin. A l’entrée, trois vigiles pointent les personnes en comparant avec la liste des inscrits fournie par le 115, le numéro d'appel d'urgence. ​Patrice est sans-abri depuis un an. Il a toujours sa place à la halte de nuit d'Angers. "Les bénévoles connaissent les habitués. J'ai appelé vers 13 heures et ils m'ont dit que je pouvais venir", explique-t-il. 
 

Pas de douche pour tout le monde

Chaque SDF reçoit un duvet et un drap à rendre le lendemain matin. Les hommes seuls dorment dans des dortoirs de 9 à 12 lits et les familles dans des chambres installées dans des préfabriqués. Il y a quatre douches pour soixante personnes accueillies. C’est deux fois plus que dans l'ancien centre de la rue Rouchy mais il n’y a tout de même pas de serviette de toilette. "Demain matin vous aurez des structures qui pourront vous accueillir pour prendre des douches avec tout ce qu'il faut", rassure François, le bénévole. Firmin, un sans-abris qui dort là depuis trois nuits avec sa femme et leurs trois enfants, de 2 à 17 ans, apprécie ce peu de confort : "chacun a un lit et puis il y a un chauffage. On est bien, il n'y a pas de problème."  Toutefois, il regrette de devoir quitter les lieux chaque matin:"on doit sortir à 7 heures, comme des moutons", ironise-t-il. 
 

Le manque de place

Tous les sans-abris n’ont pas la chance d'être hébergés, car les demandes explosent en Anjou. Le 115 a reçu près de 15 000 appels au premier semestre 2017, c'est un tiers de plus qu’en 2016. En moyenne, une demande sur cinq ne peut pas aboutir, faute de place et une vingtaine de SDF doivent être hébergés chaque nuit dans des chambres d'hôtels en Anjou.