Mourad Benchellali, ancien détenu de Guantanamo

11 janvier 2018 Par

Cela fait 16 ans que la tristement célèbre prison de Guantanamo a été ouverte, à Cuba. Parmi les prisonniers qui y ont séjourné, un Français : Mourad Benchellali.

Guantanamo fête son seizième anniversaire

Le 11 janvier marque un triste anniversaire: le 16ème de l’ouverture sur la base navale de l’enclave américaine de Guantanamo à Cuba, d’une prison hors-sol et hors toute juridiction. Au total, 779 hommes qui ont fait ou qui ont été soupçonnés de faire le Jihad en Afghanistan, Irak ou Syrie, sont passés par ce centre de détention.

Plus de 600 ont été transférés vers d’autres pays où ils ont ou non purgé une peine supplémentaire. Officiellement, il ne reste plus aujourd’hui que 45 détenus après une dernière vague de libération à la fin du mandat de Barak Obama. Ce dernier avait promis de fermer Guantanamo, il ne l'a finalement pas fait.

Depuis l’accession au pouvoir de Donald Trump, aucune libération n’a été accordée. L'actuel locataire du Bureau Ovale s’appuie sur un rapport de la CIA qui affirme que 17 % des prisonniers libérés de Guantanamo ont repris une activité terroriste et que 12 % pourraient récidiver.
 

En prison, "un effet de contamination" pour Mourad Benchellali

Mourad Benchellali, un Français habitant le quartier des Minguettes à Vénissieux était parti en 2001 en Afghanistan à l’âge de 19 ans. Il s’était laissé embrigader dans un camp d’entrainement d’Al Qaïda. Arrêté, il a passé deux ans et demi à Guantanamo puis 18 mois à Fleury-Mérogis.

Aujourd’hui, cet homme fait le tour des écoles, des centres sociaux et des prisons afin de témoigner de son expérience et inciter les jeunes à ne pas tomber dans le piège de la radicalisation. "Je leur raconte mon parcours. Je n’ai pas en réalité de discours tout fait. Je leur explique le contexte du départ, la naïveté, la façon dont je me suis laissé embarquer dans cette aventure. Puis je leur raconte surtout les conséquences et la réalité de ce à quoi peut ressembler une terre de jihad. Je fais cela pour leur faire comprendre l’envers du décor" explique Mourad Benchellali au micro de Jean-Baptiste Cocagne, de RCF Lyon.

Il ajoute avoir "remarqué que les jeunes ont une vision très manichéiste et très idéalisée d’un conflit. Quand je leur raconte, ils comprennent beaucoup de choses. Et la prison n’est pas forcément la meilleure solution. L’idée de les isoler, moi je l’ai connu à son plus haut niveau, à Guantanamo. J’ai remarqué que c’était plutôt toxique. On reste avec des personnes qui sont toujours radicalisées. Il y a un effet de contamination. On peut être encouragé. C’est difficile psychologiquement d’en sortir. J’ai pu constater que ce qui m’a fait du bien, c’est d’avoir été mélangé à d’autres détenus, d’avoir pu discuter, penser à autre chose et d’aller à l’école".

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