En France, la dépression touche plus de trois millions de personnes. Des associations locales agissent au quotidien pour accompagner les malades et leurs proches.
Dans son titre L’Enfer tiré de son dernier album, le chanteur belge Stromae évoque au plus grand public sa dépression et ses pensées suicidaires qui l’ont rongées pendant 7 ans. Ses mots ont fait largement écho aux personnes touchées par cette maladie mentale. En France, selon Santé Publique, près de 10 000 personnes dépressives se suicident chaque année et les malades sont plus de 176 000 à faire une tentative de suicide. Même si de plus en plus de personnalités parlent librement de cette pathologie, "c’est un sujet encore tabou", pour Cathy Larmat, vice-présidente de l’association Lueur d’Espoir. Un sentiment partagé par Christine, auditrice régulière de RCF, "quand j’ai été touchée par la dépression, j’étais entourée de personnes qui ne comprenaient pas. Mais il faut toujours garder l’espoir".
La dépression est un long chemin sinueux durant lequel les personnes dépressives se retrouvent généralement seules. Monique, elle, a trouvé refuge dans la Bible. Atteinte de ce trouble, elle témoigne : "je me sentais seule. Mon corps était vide, je ne mangeais plus. Je suis partie voir un psychiatre qui m’a soignée avec des médicaments. Les médicaments m’ont tenu la tête hors de l’eau mais c’est la thérapie qui m’a sauvée". Loni Inguanez, psychologue et membre de l’association Revivre, explique que les dépressifs sont en perpétuelle quête de sens. Pour Henri Lelion, le président de l’association Lueur d’Espoir, "dans la dépression, on a envie de mourir chaque jour. Les personnes sont là parce qu’elles veulent se battre pour vivre. On se met à leur service, avec les ressources que nous avons. Et c’est ça qui constitue la force de notre association". Depuis 1987, ce lieu situé à Rennes accueille, écoute, et soutient.
"La dépression, c’était le vide, la prison, une épreuve terrible", raconte Monique. À son échelle, l'association Revivre libère la parole en proposant des permanences. Lueur d’espoir a également mis en place plusieurs moments d’échanges à Rennes et Saint-Malo. Les personnes dépressives peuvent aussi s’accompagner dans leur processus de guérison, explique Henri Lelion, "on essaie de mobiliser cette conscience d’aller chercher de l’aide dans d’autres milieux que le nôtre. Les déprimés aident les autres déprimés. Ils se parlent, se soutiennent et s’encouragent".
Soigner l’esprit, c’est avant tout prendre soin de son corps, pour Loni Inguanez. Pratiquer une activité sportive ou marcher sont des premiers pas vers la guérison. Il s’agit, selon la psychologue "de réactiver le corps pour ensuite travailler sur le psychisme".
Lorsqu’une personne souffre, les proches portent souvent un lourd sentiment de culpabilité. "Le proche se trouve souvent démuni. C'est une maladie qui pèse aussi sur les relations personnelles et professionnelles", explique Loni Inguanez. La psychologue se rappelle aussi que "pendant le confinement, on a reçu des appels de parents inquiets pour leurs adolescents. Il y a des ressources pour les proches qui accompagnent les dépressifs".
La famille peut aussi involontairement peser sur les personnes malades d'après le président de l’association Lueur d’espoir. "Dans la dépression, se joue une trinité : le niveau biologique, le niveau psychologique de détresse et le volet social. Les personnes déprimées sont parfois confrontées aux reproches constants de leur entourage. Nous essayons d’agir sur ces trois dimensions là", avance Henri Lelion.
À noter :
Des structures nationales accompagnent les aidants. L'UNAFAM, par exemple, une association reconnue d'utilité publique, accueille, soutient, et informe les familles confrontées aux troubles psychiques d'un des leurs. L’Association Françaises des Aidants et La Compagnie des Aidants apportent aussi des solutions pérennes aux proches des personnes dépressives.
Numéros utiles :
06 47 50 77 40 : numéro d'écoute de l'association Revivre
02 99 83 65 28 : numéro d'écoute de l'association Lueur d'Espoir
31 14 : numéro de prévention du suicide
Cette émission interactive de deux heures présentée par Melchior Gormand est une invitation à la réflexion et à l’action. Une heure pour réfléchir et prendre du recul sur l’actualité avec des invités interviewés par Véronique Alzieu, Pauline de Torsiac, Stéphanie Gallet, Madeleine Vatel et Vincent Belotti. Une heure pour agir, avec les témoignages d’acteurs de terrain pour se mettre en mouvement et s’engager dans la construction du monde de demain.
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