En 2023, Montpellier lançait une expérimentation de sécurité sociale de l’alimentation. Ce jeudi, une proposition de loi sera débattue à l’Assemblée. Retour sur cette initiative pionnière avec Marie Massart, adjointe au maire en charge de la politique alimentaire.
En 2023, Montpellier lançait une expérimentation inédite en France : une sécurité sociale de l’alimentation. Son objectif ? Permettre à tous d’accéder à une alimentation de qualité, tout en garantissant un revenu juste aux agriculteurs et en favorisant les commerces de proximité.
Ce jeudi, une proposition de loi sera débattue à l’Assemblée nationale pour structurer et élargir ce modèle à l’échelle nationale. Retour sur cette initiative pionnière avec Marie Massart, adjointe au maire de Montpellier en charge de la politique alimentaire.
"Aujourd’hui, de nombreux territoires expérimentent des dispositifs inspirés de la sécurité sociale de l’alimentation. Mais Montpellier a été la première ville à se lancer dès janvier 2023", souligne Marie Massart. L’expérimentation a concerné 400 bénéficiaires, avec une ambition claire : garantir à chacun une alimentation saine sans stigmatiser les personnes en situation de précarité.
Concrètement, chaque participant recevait 100 "Mona", une monnaie locale créée pour l’occasion, à dépenser dans une cinquantaine de lieux de distribution sélectionnés selon des critères de qualité par un comité citoyen de 61 membres. Tous les participants cotisaient selon leurs moyens, entre 1 et 100 euros, permettant ainsi un accès universel au dispositif.
Au-delà de l’aide alimentaire, l’initiative visait à replacer les citoyens au centre des décisions. "La gestion du projet a été confiée à un comité citoyen, un élément fondateur du dispositif", insiste Marie Massart. "L’idée, c’est que les citoyens se réapproprient leur alimentation et fassent des choix éclairés en lien avec les producteurs et commerçants locaux."
Parmi les lieux conventionnés, on comptait une trentaine de producteurs en vente directe, assurant ainsi des circuits courts et des prix équitables pour les agriculteurs. "Ce modèle favorise une économie locale résiliente tout en redonnant du pouvoir aux consommateurs", ajoute l’adjointe.
Face au succès de l’expérimentation montpelliéraine, une proposition de loi portée par le Nouveau Front Populaire sera débattue ce jeudi à l’Assemblée nationale. Si elle est adoptée, elle pourrait permettre d’étendre ces expérimentations à d’autres territoires et d’assurer leur financement.
"Nous espérons que cette loi sera une première étape vers une véritable sécurité sociale de l’alimentation, comme il en existe une pour la santé", explique Marie Massart. "L’objectif est de structurer les moyens alloués à ces initiatives et de donner aux collectivités les outils nécessaires pour les développer à grande échelle."
Montpellier, précurseur dans ce domaine, pourrait bien devenir le modèle d’une révolution alimentaire en France. En attendant le vote, les acteurs du projet restent mobilisés, convaincus que cette expérimentation a prouvé qu’un autre modèle alimentaire est possible.
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