Jean-Baptiste de La Salle, la vocation de l'éducation

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La suite de l'Histoire, l'intégrale

samedi 13 avril à 16h00

Durée émission : 55 min

Jean-Baptiste de La Salle, la vocation de l'éducation

© Wikimédia Commons - Jean-Baptiste de La Salle gravé par L. Chapon, d'après Charles Müller, 1887

Jean-Baptiste de La Salle est mort il y a 300 ans. Avec les Frères des Écoles chrétiennes, son œuvre éducative se poursuit à travers le monde, s’adaptant aux circonstances et aux lieux.

La famille lasallienne, ce sont près de 3.700 frères dans le monde, près de 90.000 enseignants, laïcs, éducateurs et collaborateurs, environ 1.000 centres éducatifs, dont 70 universités et plus d'un millions d'étudiants. 300 ans après la mort de Jean-Baptiste de La Salle (1651-1719), fondateur des Frères des Écoles chrétiennes canonisé en 1900, ses intuitions en matière d'éducation restent pertinentes. À l'occasion de cet anniversaire, Bernard Hours publie "Jean-Baptiste de La Salle - Un mystique en action" (éd. Salvator). 
 

Tenir l'école gratuite : la vocation des Frères des Écoles chrétiennes

 

L'éducation, la vocation de Jean-Baptiste de La Salle

Par ses préoccupations pour l'éducation des jeunes issus de milieux populaires, Jean-Baptiste de La Salle est finalement assez représentatif de son temps. Au XVIIe siècle en effet, c'est là l'un des grands sujets de l'époque. Reste que cet ecclésiastique a fait preuve d'originalité et d'innovation en matière d'éducation. "Tout en paraissant dans les clous, il ne fait rien comme les autres."

L'intérêt de Jean-Baptiste de La Salle pour l'éducation est survenu très progressivement. Notamment quand son cousin Nicolas Roland (1642-1678), le fondateur des sœurs du Saint Enfant Jésus à Reims, a fait de lui son exécuteur testamentaire, le chargeant d'obtenir la reconnaissance légale de l'institution. Peu à peu c'est une véritable vocation pour l'éducation qui s'est fait jour chez Jean-Baptiste de La Salle. "Il aurait pu être un pieux chanoine, prêchant, disant la messe, confessant, faisant de la direction de conscience." Un statut de chanoine auquel il a renoncé pour se consacrer à l'éducation.
 

Dans la grande bourgeoisie du XVIIe siècle

Issu de la très haute bourgeoisie, Jean-Baptiste de La Salle appartenait au petit cercles des familles qui tenaient la ville de Reims. Sa piété et son goût pour les choses de l'Église ont incité ses parents à l'orienter vers la carrière ecclésiastique. À 11 ans, il a reçu la tonsure : "ce qui va permettre à ses parents de briguer pour lui des bénéfices ecclésiastiques, dès 16 il est chanoine dans la cathédrale de Reims". Ce n'est qu'à 27 ans, en 1678, qu'il a été ordonné prêtre après avoir été formé à Paris.

L'intérêt de Jean-Baptiste de La Salle pour l'éducation vient aussi de son milieu : un milieu dévot, pieux, "sincèrement soucieux de ses responsabilités sociales, et notamment l'éducation". Bernard Hours rappelle qu'il s'agit aussi d'"une manière d'évangéliser et de maintenir et de protéger l'ordre social".
 

Un modèle scolaire qui dérange

À Paris, les Frères des Écoles chrétienne, congrégation qu'il fonde en 1682, éprouvent leur modèle scolaire développé à Reims. Ce qui ne se fait pas sans difficultés : "leur modèle scolaire dérange." Prioritairement destinées aux pauvres, ses écoles admettent aussi des enfants issus de familles qui ne sont pas pauvres.

Tenir l'école gratuite : la vocation des Frères des Écoles chrétiennes. C'est en tout cas la formule qui restera dans tous les vœux que prononceront les frères. "C'est là l'une des originalités fondamentales Jean-Baptiste de La Salle", car si à l'époque moderne, la vocation religieuse a pour visée le salut, là "on ne vient pas pour faire son salut, on vient pour tenir l'école gratuite".

 

Invités

  • Bernard Hours, historien, professeur d'histoire moderne à l'université Jean-Moulin - Lyon-III, directeur du Laboratoire de recherche historique Rhône-Alpes (Larhra)

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Des grands événements qui ont façonné les civilisations aux personnalités qui ont marqué les consciences, Véronique Alzieu se tourne vers notre histoire. Une émission pour mieux comprendre le monde dans lequel on vit. Le week-end, elle vous offre l'intégrale du feuilleton proposé du lundi au vendredi. 

Le présentateur

Véronique Alzieu

Journaliste à RCF depuis 1993, Véronique s'est spécialisée au fil des ans dans le domaine de la foi, de la vie spirituelle et de la recherche de sens. Elle a choisi la radio parce que c'est un média de proximité, chaleureux sans être intrusif. Son léger accent trahit ses origines pyrénéennes qu'elle revendique avec joie!