Baleine

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Un mot, un jour

mercredi 19 février à 8h55

Durée émission : 4 min

Un mot, un jour

Énorme, c’est le mot qui nous vient à l’esprit lorsqu’on pense aux baleines. Mais d'où vient-il ce mot ?

Enorme aussi fut la chasse à la baleine qu’il faut encore surveiller attentivement pour éviter de voir ce cétacé menacé. Et avez-vous remarqué mais on ne dit pas la pêche à la baleine, parce que de fait prendre une baleine dans un filet ou avec un hameçon est une image surréaliste… D’où ce mot de chasse hélas utilisé de longue date pour la baleine.

Pour le mot, il faut remonter au latin ballanena, désignant un grand poisson marin, sans que les Romains soient plus précis. En fait, il faut remonter encore plus loin en indo-européen, cette langue qui a précédé presque toutes les langues de l’Europe, où l’on trouver la racine bhel, signifiant « qui se gonfle », parce que la baleine donne en effet l’impression d’une immense poche gonflée. Le mot latin passera en français très tôt, on en atteste en 1080.

Et bien sûr en parallèle au mot baleine, il faut évoquer le cétacé, qui lui vient du grec kêtos, signifiant aussi « gros animal marin », le mot sera repris en latin sous la forme cetus pour aboutir en 1542, dans le cadre d’une traduction de Pline au français "cétacé". Il faut en réalité attendre 1758 pour que les cétacés comprenant les baleines deviennent un mot désignant un mammifère, grâce à l’auteur d’une classification célèbre des espèces, Linné. Qui dit baleine, cétacé, dit forcément aussi cachalot, avec cette formule bien connue des enfants : « c’est assez dit la baleine il faut que je cache à l’eau mon baleineau. » En fait cachalot, est un mot qui vient du latin caput, la tête, repris en portugais sous la forme cachala, très grosse tête, puis cachalote, poisson donc à grosse tête. Rien de petit en effet chez les cétacés, avec tout de même un paradoxe, la nourriture de la baleine qui elle est minuscule en comparaison.

Il s'agit du plancton qui vient du grec plagktos, qui signifie errant, et c’est en fait un mot conçu par les Allemands en 1887 et que nous leur avons emprunté en 1893. Alors évidemment par rapport à la baleine bleue qui peut dépasser 33 m de long et peser plus de cent tonnes, on se situe aux deux extrêmes. Et ce plancton passant à travers les fanons, installés dans la bouche de la baleine rappelle l’image de la baleine qui rit ! Comment peut-on de fait tuer un animal qui rit ? Bon, je vais éviter d’avoir des larmes de crocodile…

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L'émission

Du lundi au vendredi à 8h55

Jean Pruvost, lexicologue passionné et passionnant vous entraîne chaque matin dans l'histoire mouvementée d'un simple mot !  

Le présentateur

Jean Pruvost

Chroniqueur de langue à RCF depuis 2011, Jean  choisit chaque jour un mot de l’actualité, pour l’intense plaisir d’en partager la saveur, en ouvrant les dictionnaires de sa bibliothèque qui en compte dix mille… Explorer ensemble les mots, c’est construire des harmonies. Jean aime aussi marier les mots et les notes sur sa guitare.