Déconfinement: quand pourra-t-on aller à la messe?

22 avril 2020 Par

Les évêques de France souhaitent que les catholiques puissent assister aux messes dominicales dès la levée du confinement, soit à partir du 11 mai - dans le respect des règles sanitaires.

À quand la reprise des cultes ? Selon nos confrères du Figaro, lors de la visioconférence avec les représentants des cultes et des associations laïques, ce mardi 21 avril, la présidence de la République envisage une reprise des cultes à partir de la mi-juin. Or, les évêques de France ont demandé aux services du Premier ministre une reprise des cultes avec la levée du confinement, c'est-à-dire dès le 11 mai. Ils prévoient de publier au cours de la semaine prochaine "un écrit" sur les conditions de reprise des cultes.
 

Les évêques souhaitent une reprise des cultes dès le 11 mai

L'Église souhaite que les catholiques puissent se rendre à la messe dominicale dès le 11 mai, sous certaines conditions. C'est ce que la Conférence des évêques de France (CEF) a demandé ce lundi 20 avril aux services du Premier ministre. Interrogé par Étienne Pépin, le porte-parole de la CEF, le Père Thierry Magnin, a expliqué que "les activités ecclésiales, et en particulier de célébration, font partie des activités qui doivent pouvoir reprendre à partir du moment où il y a déconfinement". Et parmi les "activités" que l'Église catholique souhaite voir reprendre, priorité est donnée aux "célébrations des messes dominicales".

"Si les écoles, les entreprises, redémarrent, il n'y a aucune raison sur le fond et dans le droit pour que les fidèles ne puissent pas se rassembler !" a affirmé Mgr Matthieu Rougé, membre du conseil permanent de la CEF, le 21 avril dans La Matinale RCF. "Ce qui me semble d'abord très important, c'est que l'Église ne soit pas moins bien traitée que les autres réalités essentielles de la société. Il pourrait avoir la tentation ici ou là de considérer la vie religieuse, la vie spirituelle, comme quelque chose d'annexe..."
 

L'église s'engage au respect des règles sanitaires

Le Père Magnin assure que "les collaborateurs du Premier ministre" ont "trouvé recevables" les propositions des évêques. Parmi les celles qu'ils ont formulées pour que soient respectées les règles sanitaires : une limitation le nombre de fidèles en fonction de la taille du lieu de culte"Ce n'est pas la même chose s'il y a 100 personnes dans une grande cathédrale comme celle de Reims ou s'il y a 100 personnes dans une petite église", explique le porte-parole des évêques. Il s'agit aussi de veiller aux "distances de sécurité nécessaires" entre fidèles et aux "conditions de communion" - la distribution des hosties ne se fera "certainement pas dans la bouche". Restent les questions du lavage de main, du port de masques... "tout ça il faut qu'on l'étudie et qu'on le précise".

La CEF "s'engage à tenir les conditions" de sécurité sanitaire pour une reprise des cultes. ​Soulignons que jusqu'à présent l'Église avait appelé les catholiques à respecter scrupuleusement les consignes demandées par le gouvernement. Ainsi, le 17 mars, au début du confinement, la CEF avait précisé sur son site internet "qu’aucune messe avec une assemblée, de quelque taille qu’elle soit" ne pouvait être célébrée. Et dès le 5 mars, le Père Thierry Magnin, secrétaire général de la CEF, appelait au respect des gestes "barrière" durant les célébrations.
 

mariages, baptêmes... des célébrations "locales" pour les sacrements

En ce qui concerne la célébration des sacrements - mariages, baptêmes des catéchumènes qui n’ont pas pu être baptisés à Pâques, etc. - ils pourront être célébrés dès la Pentecôte, soit à partir du 31 mai. Mais ce seront des "célébrations locales", prévient le porte-parole de la CEF. "Ça sera difficile de faire venir sa famille des quatre coins de France et de plusieurs régions pour une célébration à la Pentecôte, explique Thierry Magnin, parce que les régions ne sont pas touchées de la même manière par le Covid et il ne s'agit pas de brasser une région fortement touchée avec d'autres."

écouter ► le Père Thierry Magnin au micro d'étienne pépin

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UNE CERTAINE LASSITUDE CHEZ LES FIDÈLES

Si les retransmissions de messes via Internet ou la télévision sont fortement suivies par les fidèles, une certaine lassitude se fait sentir. C'est ce dont témoigne Pauline, paroissienne de Saint-Nizier, à Lyon, qui se dit "un peu las de ne pas pouvoir aller physiquement à la messe et de ne pas pouvoir communier réellement". Cette mère de famille constate également chez les plus jeunes, combien il est "difficile de passer une messe assis sur un canapé avec plein de tentations autour".

ÉCOUTER ► Le témoignage de Pauline AU MICRO De Pauline de Torsiac

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