La science à la poursuite du crime

Présentée par

La chronique Patrimoine

mardi 8 octobre 2019 à 8h52

Durée émission : 3 min

La science à la poursuite du crime

En ce moment aux Archives Nationales, une exposition originale "La science à la poursuite du crime" qui éclaire notamment la figure d'Alphonse Bertillon

Cette semaine nous allons parlé d'une exposition originale qui s'appelle « La Science à la poursuite du crime » C’est plutôt alléchant comme programme ! Elle est proposée par les Archives nationales sur leur site de Pierrefittes-sur-Seine, en Seine-Saint-Denis, juste à la sortie du métro Saint-Denis Université, c’est très facile à trouver. Et elle nous permet de comprendre comment est née, à Paris, à la fin du XIXe siècle, la police scientifique dont l’activité si importante aujourd’hui fascine les lecteurs et téléspectateurs avides de séries policières.

Les Archives nationales organisent régulièrement des expositions pour faire prendre conscience au public des enjeux de ce patrimoine de papier qu’elles sont chargées de conserver. Je trouve qu’avec cette exposition très pédagogique, elles y ont parfaitement réussi.

On y découvre, tout d'abord, la personnalité complexe d’Alphonse Bertillon. A partir de 1882, ce simple « commis aux écritures » va rendre beaucoup plus performant le fichier de la police en y intégrant douze mesures du corps humain, une photo de face et de profil, les signes distinctifs… Il élabore ensuite une méthode pour photographier et protéger une scène de crime afin d’en tirer le maximum d’indices et les « faire parler » en laboratoire. C’est révolutionnaire à l’époque!

Cependant Bertillon, mondialement connu, va prendre la grosse tête et se croire expert en graphologie. Mais, il se trompera lourdement dans l’affaire Dreyfus. Puis il échouera à démasquer le voleur de la Joconde car il n’a pas compris assez vite que les empreintes digitales devenaient le critère primordial d’identification des criminels.

Une histoire qui resurgit grâce aux archives ?

Grâce à ces milliers de fiches et de photos, d’empreintes de toutes sortes qui témoignent de cette obsession du fichage scientifique… Au point même qu’on est un peu troublé en visitant l’exposition par le regard de tous ces prévenus que Bertillon a mesurés sous toutes les coutures sans leur demander leur avis. Les vitrines montrent aussi des objets comme les instruments de mesure ou les placards spéciaux pour les fiches qui contribuent aussi à reconstituer ce moment-clé de l’histoire de la police.

Mais l’exposition va plus loin car tous ces documents posent beaucoup de questions sur le droit à l’image, au respect de l’intimité... En ces temps de commercialisation des fichiers d’adresses et de systèmes de reconnaissance faciale, il est intéressant d’y réfléchir. Voilà finalement, tout l’intérêt de conserver tant d’archives : en les examinant de près, on s’aperçoit bien qu’elles parlent à notre époque.
 

 

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