Wetlands, allons compter les oiseaux

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La chronique Écologie

mardi 8 janvier à 7h20

Durée émission : 3 min

La chronique Écologie

Johannes Hermann vous incite à aller compter les oiseaux dans les zones humides.

C’est l’hiver et c’est la saison d’une importante action de recensement des oiseaux d’eau.
 
Ce samedi 12 janvier, en matinée, c’est l’un des grands rendez-vous des ornithologues, c’est le comptage Wetlands International. Wetlands veut dire "zones humides", il s’agit donc d’un comptage des oiseaux d’eau, c’est-à-dire les canards, les oies, les foulques, les grèbes, les fuligules, bien d’autres espèces encore, tous ces oiseaux qu’on observe en hiver sur l’eau libre. Que ce soit les fleuves, les grands lacs, les ensembles de petits étangs, le littoral. C’est un comptage qui est réalisé simultanément dans le monde entier, dans 143 pays, à la même date, et auquel tout le monde peut participer.
 
Alors pourquoi compter les oiseaux d’eau et pourquoi cette date précisément ?
 
Tous ces oiseaux, au printemps, vont se reproduire dispersés, aussi bien au bord des étangs de chez nous que les tourbières, la toundra du grand nord, etc. Mais en hiver, avec le froid qui les empêche de se nourrir, ils migrent vers le sud et surtout se rassemblent sur les plans d’eau (au sens large). Ils sont plus groupés et plus visibles. C’est donc un moment idéal pour les compter et connaître l’état de leurs populations. Ce comptage a lieu chaque année depuis 1967, on peut donc calculer des tendances très précises. Ensuite une date unique, tout simplement parce que contrairement à ce qui se passe en saison de reproduction où les oiseaux restent sur leur territoire, les hivernants sont mobiles. Ils peuvent passer tout l’hiver sur le même lac, mais s’il gèle, ou si la nourriture s’épuise, ou s’ils sont dérangés, ils vont se déplacer. Du coup, si par exemple on étalait le comptage sur une semaine, on risquerait de compter deux fois les mêmes oiseaux qui ont bougé. Et donc, tout le monde se mobilise le même jour sur des milliers de sites pour obtenir des chiffres fiables.
 
Vous dites que tout le monde peut participer, ce n’est pas une affaire de scientifiques spécialisés ?
 
C’est les deux ! Il y a les scientifiques qui exploitent les données, et pour le comptage, une coordination. En France elle est assurée par la Ligue pour la protection des oiseaux. C’est elle qui s’assure que sur tous les sites connus pour abriter un bon nombre d’oiseaux d’eau, il aura une équipe avec un ornithologue chevronné et d’autres personnes pour l’aider. C’est là que tout le monde peut participer pour peu qu’on ait au moins des jumelles. Ces oiseaux sont souvent des espèces faciles à identifier. Sur le terrain on se répartit les espèces à compter, donc même si on n’y connaît rien, on peut se lancer à compter les foulques, les harles bièvres... C’est aussi un beau moment de nature avec des oiseaux souvent très beaux. Gare à la météo, parce qu’on n’annulera jamais, sauf en cas de fort brouillard ! Donc pour participer, contactez la LPO de votre département ou région qui vous indiquera les sites. C’est une très bonne porte d’entrée pour commencer à découvrir les oiseaux.

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Le présentateur

Johannes Herrmann

Johannes Herrmann (Cyrille Frey de son vrai nom) est ornithologue. Membre de l'association Oeko-logia, il contribue à la revue Limite. Il est l'auteur, avec sa femme Mauhaut Herrmann, d'un essai sur la biodiversité "La vie oubliée - Crise d'extinction : agir avant que tout s'effondre" (coll. À la limite, éd. Première Partie, 2018).