A propos d'ensauvagement

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La chronique des Salésiens

mercredi 16 septembre à 6h55

Durée émission : 3 min

A propos d'ensauvagement

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Suite à la médiatisation d'actes de violence et d'incivilité en France, nos responsables politiques n'hésitent plus à parler d'ensauvagement de la société. Ce vocabulaire est-il justifié?

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Certains politiques parlent aujourd’hui d’ensauvagement de la société française. Il est vrai que, tous, nous sommes un peu inquiets de cette montée de la violence que nous observons en particulier chez les jeunes… Certes, notre ministre de la justice parle de statistiques montrant une délinquance juvénile stable ces dix dernières années, mais ses chiffres englobent l’ensemble des délits. On sait, par exemple, que les vols simples de véhicules ont diminué ces derniers temps, au vu de la plus grande sécurisation des voitures. Ce qui augmente, et qui est source d’inquiétude, ce sont les agressions, les faits de violence, parfois pour des motifs complètement futiles.

Rappelons que la violence est naturelle. La manière naturelle de régler un conflit, c’est la violence : A en conflit avec B. Vous supprimez B. Il n’y a plus de conflit. Ce qui n’est pas naturel, et qui est le fruit de l’éducation, c’est la convivialité et la paix. Le fait d’établir une relation pacifique avec l’autre, même s’il ne partage pas mes convictions, mes objectifs, ce n’est pas inné, cela s’apprend. Voilà pourquoi, pour Don Bosco, le problème de la violence des enfants et des adolescents n’est pas d’abord un problème de jeunes, mais bien d’éducation.

L'origine du problème réside dans le déficit d’éducation à l’empathie, autrement dit du développement de la capacité de l’enfant à se mettre à la place de l’autre. Car lorsque je suis en conflit avec l’autre, et que je sens l’agressivité monter en moi, ce qui peut faire obstacle au déploiement de ma violence, n’est-ce pas la prise de conscience de la souffrance que va générer chez l’autre mon geste ? Or, je rencontre des jeunes qui ne sont absolument pas habités par cette prise de conscience, au moment de leur passage à l’acte violent. Cette insensibilité à la souffrance de l’autre ne peut alors faire frein au déploiement de leur violence.

Combien il est important de se rappeler cette règle d’or du comportement en société, - c’est ainsi qu’elle est nommée dans la Bible de Jérusalem- : « Ne fais pas à autrui ce que tu ne voudrais pas qu’il te fasse ! » (Mt 7,12). Combien il me semble important aujourd’hui de rappeler, à tous ceux qui exercent une fonction éducative dans notre pays, la nécessité de transmettre cette maxime aux enfants et adolescents de notre temps !

Je conclurai par cette parole forte qu’adressait Don Bosco à la bourgeoisie lyonnaise lors de son voyage triomphal en France en 1883 : « Ne tardez pas à vous occuper des jeunes, sinon ils ne tarderont pas à s’occuper de vous ! » Parole prophétique de ce grand éducateur ….

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Les présentateurs

Jean-Marie Petitclerc

Jean-Marie Petitclerc est prêtre, membre de la congrégation des Salésiens de Don Bosco, et éducateur.

Soeur Catherine Fino