Cancer du sein: et si on parlait des causes de l'épidémie?

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Le Temps de le dire

mercredi 19 octobre 2016 à 9h03

Durée émission : 55 min

Cancer du sein: et si on parlait des causes de l'épidémie?

© Pixabay

L'opération Octobre Rose aide à faire tomber le tabou sur le cancer du sein. Les causes de cette épidémie sont, elles, plus difficiles à faire entendre. On en parle avec Stéphanie Gallet.

Depuis 23 ans, l'opération Octobre Rose permet de faire tomber les tabous sur le cancer du sein. Le 26 septembre 2016 à 20h20, l'association Le Cancer du Sein, Parlons-en! avait revêtu la tour Eiffel de sa couleur emblématique, le rose. Depuis des tables-rondes, marches, conférences ont été organisées. Octobre Rose permet de libérer la parole sur un sujet de moins en moins tabou, de ne pas laisser les femmes seules, de sensibliser au financement de la recherche... Et d'encourager au dépistage: c'est là où il y a débat.
 

le cancer du sein, Une "pandémie"

Le cancer du sein concerne 1.8 millions de femmes dans le monde. André Cicolella n'a pas de mal à employer le terme d'"épidémie", voire de "pandémie", pour une maladie qui fait plus de victimes que le sida. Mais ce qu'il pointe du doigt ce sont les causes. Et justement, pour lui, Octobre Rose "serait le moment d'[en] parler".
 

Le cancer du sein, un héritage industriel

Dans le documentaire qu'elle a réalisé, "Au nom de tous les seins - Incertain dépistage" Coline Tison "interroge la notion de dépistage organisé et systématique proposé aux femmes de 50 à 74 ans". Si la documentariste s'est jusqu'à présent montrée enthousiaste pour Octobre Rose, depuis qu'elle a réalisé son enquête elle dit avoir pris "plus de recul". Elle parle d'un mois "relayé par des grandes entreprises multinationales qui d'un côté disent qu'elles soutiennent la lutte contre le cancer du sein, pour le dépistage, et qui nous vendent des cosmétiques qui sont eux-mêmes bourrés de phtalates et de produits chimiques susceptibles de provoquer des cancers du sein."
 

Une étude a montré les liens entre le cancer du sein et l'exposition au pesticide DDT.

 

Pourquoi le Bhoutan pays, pays qui n'a pas connu la Révolution industrielle, a le taux le plus faible de cancer du sein? Voilà qui interroge l'auteur de "Cancer du sein - En finir avec l’épidémie" (éd. Les Petits Matins). Une étude parue l'année dernier a montré les liens entre le cancer du sein et l'exposition au DDT, "le pesticide vedette des années 50", précise André Cicolella qui affirme que le paraben ou les phtalates sont "des substances impliquées dans le cancer du sein".

Un tabou "encore plus fort que le cancer du sein": le cancer de la prostate, selon André Cicolella. "Deux cancers hormonodépendants dont les causes sont largement partagées." Or, ce sont les cancers dominants dans les pays développés.

Invités

  • André Cicolella, chimiste, toxicologue, enseignant en Santé environnementale à Sciences Po, pésident du réseau Environnement Santé

  • Coline Tison, journaliste, documentariste

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La grande émission interactive pour aborder tous les sujets de société, qui font l'actualité. Antoine Bellier reçoit ses invités pour réfléchir, approfondir, apprendre et donner du sens à tous les sujets du moment. Posez vos questions ou témoignez en direct pendant l’émission 04 72 38 20 23 ou par mail à l'adresse letempsdeledire[arobase]rcf.fr.