
Décision judiciaire retentissante au procès des assistants parlementaires du Rassemblement national : cinq ans d'inéligibilité ont été prononcés contre Marine Le Pen. Vingt-trois autres personnes ont été condamnées, ainsi que le parti du RN. Émois dans la sphère politique nationale et internationale.
Au lendemain du jugement choc des assistants parlementaires du Rassemblement national, la sphère politique peine à s’en remettre : cinq ans d'inéligibilité ont été prononcés contre Marine Le Pen. Vingt-trois autres personnes ont été condamnées, ainsi que le parti lui-même.
Le parti organise la contre-offensive politique et médiatique en prenant l'opinion à témoin. Ils exigent un procès en appel suffisamment rapide pour espérer maintenir la candidature de leur cheffe de file à la présidentielle.
Le tribunal a condamné hier Marine Le Pen pour détournement de fonds publics. Il a jugé qu’il y avait bien eu un "système" mis en place entre 2004 et 2016 pour faire faire des "économies" au Rassemblement national (à l'époque encore Front national), en payant avec l'argent du Parlement européen des assistants d'eurodéputés travaillant en réalité pour le RN. Le montant total des détournements s'élève à 4,4 millions d'euros, dont un quart a déjà été remboursé.
Marine Le Pen a également écopé de quatre ans d'emprisonnement, dont deux ferme aménagés sous bracelet électronique, et d'une amende de 100 000 euros. Cette décision, à ce stade, empêche Marine Le Pen de concourir à la présidentielle de 2027. Cette dernière dénonce une "décision politique".
Pour le président du parti, Jordan Bardella, il s’agit d’un "scandale démocratique". Le RN a appelé à la "mobilisation populaire et pacifique", il a lancé hier une pétition de soutien, avec le mot d'ordre "sauvons la démocratie, soutenons Marine".
Le parti exige une audience en appel rapide, espérant qu'une décision plus clémente permette à Marine Le Pen d'être sur la ligne de départ en 2027. Or, compte tenu des délais habituels de la justice française, le procès en appel ne pourrait pas rendre sa décision avant la fin 2026, à quelques mois de la présidentielle. Et sans garantie que la cour d'appel rende une décision différente de celle du tribunal.
La décision de justice clive la classe politique française. Pour Jean-Luc Mélenchon (La France insoumise), "la décision de destituer un élu devrait revenir au peuple". Laurent Wauquiez (Les Républicains) a regretté "une décision très lourde", un fait "pas très sain dans une démocratie".
Écologistes, socialistes et communistes ont eux appelé au respect de la décision. "Nul n'est au-dessus des lois, pas même ceux qui aspirent à la plus haute fonction de l'État", a déclaré le Parti socialiste, lançant sa propre pétition pour "défendre la justice".
Le jugement a été critiqué à l'étranger, notamment par le Kremlin, la Hongrie, Donald Trump et l'ex-président brésilien d'extrême droite Jair Bolsonaro.
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