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Le Mot de l'évêque
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Le Mot de l'évêque RCF - page 6

Une émission de RCF Loir-et-Cher présentée par Mgr Francis Bestion

Regard sur l'actualité et la vie de l'Église

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Episodes

  • RCF
    10 juin 2022

    Confirmation des adultes

    3 min
    « Je vous dis cela pour que ma joie soit en vous, et que vous soyez comblés de joie », dit Jésus dans son discours d’adieu (Jn 15, 11). La joie dont il parle, c’est Quelqu’un, dont le nom est Esprit Saint. Il est donné gratuitement à qui le demande : « demandez et vous recevrez, pour que votre joie soit complète » (16, 24).

    Il est impressionnant de voir à quel point le don de l’Esprit Saint est désiré, dès que ceux qui l’ignorent en entendent parler. Ce qui parfois leur pose problème, c’est que ce don doive passer par la médiation de l’Église, à qui Jésus a dit : « recevez l’Esprit Saint » (Jn 20, 22) – sous-entendu : non pour le garder, mais pour le donner. Mais ceux qui cherchent sans préjugés se rendent compte que l’Église est en quelque sorte la Maison de l’Esprit Saint, qu’elle ne se comprend que comme mystère d’habitation de Dieu au milieu des hommes. Alors, cette Église dont ils étaient parfois si loin auparavant, ils se mettent à l’aimer. À l’aimer et à comprendre que sa vie, sa beauté, sa croissance dépendent d’eux aussi. Alors, ils ont envie d’en être des membres vivants, et de donner à leur tour de leur temps et de leur peine pour qu’elle soit belle et attirante, et pour que l’humanité privée d’espérance voie briller une lueur de l’espérance qui ne déçoit pas.

    Ces hommes et ces femmes, brûlés d’un feu qui ne consume pas, baptisés dans l’Esprit Saint et le feu, ils sont encore parmi nous comme au temps des apôtres. Ils se lèvent là où on ne les attendait pas, et souvent sans s’y être eux-mêmes attendus. Ils disent que leur vie a été transformée, le jour où, le plus souvent à l’improviste, ils ont rencontré des témoins eux-mêmes brûlés de ce feu. Le témoin peut avoir été tout simplement le conjoint : en se préparant à bâtir leur vie avec lui ou avec elle, les confirmands ont décelé un mystère, un amour enraciné plus profond, une relation antérieure à tout autre relation, et ils ont décidé, comme Moïse, de « faire un détour » pour mieux voir cette chose étonnante, ce buisson qui brûle, et qui pourtant « ne se consume pas » (Ex 3, 3).

    Ils étaient là, rassemblés dans la cathédrale Saint Louis de Blois, le samedi 4 juin veille de Pentecôte. Entourés par des chrétiens venus de tous les coins du diocèse, ils étaient signes pour cette assemblée, et cette assemblée était signe pour eux : signe humble mais évocateur de ces croyants issus de toutes les nations qui sont sous le ciel, présents à Jérusalem le jour de la Pentecôte.

    C’est ainsi que, chaque fois que l’Esprit Saint est reçu dans le sacrement de confirmation, nous sommes témoins à la fois de la naissance de l’Église et, déjà, de son accomplissement. C’est de là que vient notre joie, cette joie dont Jésus nous a dit que personne ne pourrait jamais nous la ravir (Jn 16, 22).
  • RCF
    3 juin 2022

    Tous invités le 4 juin

    3 min
    Malgré le pont de Pentecôte qui peut inciter à prendre le large, tout le monde est invité ce samedi 4 juin à la basilique Notre-Dame de la Trinité pour un retour diocésain du chemin synodal parcouru par près de 80 groupes qui représentent près de 600 personnes à travers tout notre diocèse.
    Cette démarche synodale commencée le 17 octobre 2021 venait juste après l’année Laudato si’ que nous avions vécue sous le signe de la conversion écologique, et on pouvait se demander si le lancement d’un nouveau sujet ne se heurterait pas à des réactions de lassitude. Cela n’a pas été le cas, et on ne peut que s’en réjouir : notre Église diocésaine est bien vivante !
    Trois questions avaient été proposées aux membres des groupes qui se constituaient spontanément : « dialoguer dans l’Église et la société », « coresponsabilité dans la mission », « autorité et participation ». Les groupes se sont saisis de ces trois thématiques et ont échangé dans une totale liberté. Plusieurs groupes ont veillé à intégrer des personnes peu familières de la pratique dominicale, voire même assez éloignées de l’Église, et ces personnes ont été respectées dans leur cheminement propre et assurées que leurs questions et remarques seraient prises en compte au même titre que celles des chrétiens plus engagés.
    Sans trahir de secret, on peut dire qu’en général les personnes se sont dites heureuses de l’accueil qu’elles recevaient quand elles entraient en contact avec les communautés paroissiales. Beaucoup d’entre elles ont tenu à dire leur reconnaissance aux prêtres qui sont à leur service et leur souci de les soutenir dans leur ministère et de veiller à ce qu’ils ne soient pas seuls. Pour autant, les questions et interpellations ont été fréquentes et incisives à propos de la place des femmes dans l’Église, ou encore de l’attitude de l’Église face aux questions de société. Même si tout ne se ramène pas à des questions de communication, une meilleure communication est souvent souhaitée, aussi bien à l’intérieur des communautés chrétiennes qu’entre l’Église et la société.
    Si vous voulez en savoir plus, vous êtes les bienvenus ce samedi de 15 heures à 17 heures 30, sans oublier les confirmations des adultes qui concluront la journée à la cathédrale à 18 heures 30.
  • RCF
    27 mai 2022

    L'Ascension pour le don

    3 min
    Comment rendre compte du mystère de l’Ascension du Seigneur ? D’abord en le prenant au sérieux. Quoi qu’on puisse penser du terme « ascension », il s’agit en premier lieu de quelque chose qui arrive au Christ ressuscité, et non d’un simple procédé pédagogique destiné à faire comprendre aux disciples que désormais ils ne le verront plus.
    L’Ascension est le terme de la glorification de Jésus. Sans elle, cette glorification ne serait pas complète, car c’est l’Ascension et elle seule qui lui confère la souveraineté sur toutes choses. C’est elle qui permettra aux Apôtres de dire : « Dieu l’a fait Seigneur et Christ, ce Jésus que vous, vous avez crucifié » (Actes 2, 36).
    Par l’Ascension, celui qui dans sa mort était descendu « au plus bas », se trouve maintenant élevé « au plus haut ». Il n’y a donc pas de région de l’univers qui n’ait été visitée par lui ; plus rien qui ne soit touché par le rayonnement de sa puissance de salut, à laquelle les démons eux-mêmes rendent témoignage jusque dans leur refus d’être sauvés. « Dieu, dit l’épître aux Philippiens, l’a exalté et lui a donné le Nom au-dessus de tout nom, pour que tout, au nom de Jésus, s’agenouille au plus haut des cieux, sur la terre et dans les enfers » (2, 9-10).
    C’est pourquoi l’Ascension du Seigneur auprès du Père est la condition du don de l’Esprit. « Si je ne pars pas, disait Jésus, le Paraclet ne viendra pas vers vous ; mais si je pars, je vous l’enverrai » (Jean 16, 7). L’Ascension est un départ pour une venue, un retrait pour un don. Et le signe qu’elle a porté son fruit, ce sont des vies qui accueillent ce don pour devenir à leur tour des vies données.
    Telle est la source de notre joie et de notre action de grâce dans toute la période entre Ascension et Pentecôte. Le Seigneur monté aux cieux demeure en nous par le don de l’Esprit qui nous affermit dans l’espérance d’aimer à notre tour comme Il nous a aimés. Entre la foi pascale et la charité répandue en nos cœurs à la Pentecôte, la fête de l’Ascension tisse le lien de l’espérance.
  • RCF
    20 mai 2022

    UN MIRACLE DE PAULINE JARICOT

    3 min
    Jean-Pierre Batut témoigne de la puissance de la prière

    Le futur papa et la future maman se réjouissaient d’avance de la naissance attendue du petit septième. Tout allait jusque-là du mieux possible. Mais ce soir de 2013, vers 23 heures, mon téléphone sonne. C’est lui Marc, le futur père, et il est en larmes. Sa femme est partie aux urgences, dans un état préoccupant. Et le verdict est tombé : c’est un cas très rare de grossesse à risque où le fœtus empoisonne le sang de la mère. Dans un tel cas, une IMG paraît être la seule solution et il faut la pratiquer au plus vite. Et d’ailleurs, ont ajouté les médecins, on est sûrs et certains que le fœtus n’est pas viable.
    Me voilà parti à l’hôpital. J’arrive dans la chambre, ils sont là tous les deux. Laure, recroquevillée sur son lit, m’adresse un sourire qui dissimule mal son angoisse. Je me veux rassurant, pacifiant, mais je n’en mène pas large : prions d’abord ensemble, puis je vous donne le sacrement des malades, et de toute façon il est trop tard ce soir pour prendre des décisions, on verra demain matin… Nous prions, Laure reçoit le sacrement, et juste avant de partir, mû par une inspiration, je lui dis : « il faut prier Pauline Jaricot ! »
    J’ai rarement passé une aussi mauvaise nuit, me réveillant tous les quarts d’heure. Le matin arrive, je me lève aussi peu en forme que possible et j’essaie de prier. Pas d’appel téléphonique. Je n’ose prendre l’initiative. La matinée s’avance, les heures passent : toujours rien. Je vais finir par appeler…
    Tout à coup mon téléphone sonne. Je me précipite : c’est Marc. Sa voix a complètement changé, si bien que je suis tout étonné. Il me dit : « ça y est ! » Ça y est quoi ? « Mais Pauline, Pauline Jaricot ! » Mais que s’est-il passé avec Pauline Jaricot ? « Eh bien ce matin très tôt les médecins ont examiné ma femme, elle n’a plus aucun symptôme. Ils ont dit qu’ils n’y comprenaient rien, mais que la médecine n’a pas réponse à tout, et qu’il ne lui restait plus qu’à rentrer chez elle et à rester allongée le plus possible jusqu’à la naissance. »
    Voilà une nuit dont je me souviendrai. Je me précipite à l’hôpital et je trouve la future maman rayonnante. On l’aide à préparer ses affaires pour repartir. Je lui dis : « vous avez bien prié Pauline Jaricot ? » Elle me répond : « j’étais tellement affolée que j’ai prié aussi tous les saints du paradis, mais j’ai prié surtout Pauline Jaricot ! »
    Quelques mois plus tard naissait un beau petit garçon, qui a 8 ans et demi aujourd’hui et qui est plein de vie. Il aime bien Pauline Jaricot dont il connaît la vie par cœur.
    Pauline Jaricot, fondatrice de la Propagation de la Foi et du Rosaire vivant, sera béatifiée à Lyon ce dimanche 22 mai.
  • RCF
    6 mai 2022

    Jeanne d'Arc a encore beaucoup de chose à nous dire

    3 min
    À Orléans ce dimanche, à Rouen le 22 mai, seront célébrées les festivités en l’honneur de Jeanne d’Arc. Une sainte qui a fait la guerre, voilà quelque chose qui n’est pas banal, et qui peut même heurter nos mentalités modernes.
    Mais comment Jeanne d’Arc a-t-elle fait la guerre ? Cette question est plus importante que jamais dans le contexte où nous vivons. Elle a fait la guerre sans l’expérience qu’on pensait nécessaire pour la faire et pour mener les armées à la victoire : elle ne l’a pas faite en guerrière, mais en visionnaire et en prophète. Non seulement parce qu’elle a obéi à ses « voix », mais aussi parce qu’elle a vu, comme tous les vrais prophètes, ce qui était caché aux yeux de l’opinion publique – comme on ne disait pas encore : l’injustice faite à un pays et la soumission du droit à la force. C’est ce qui lui a donné d’emblée une supériorité morale évidente devant les intrigues de cour et l’opportunisme des puissants qui, la voyant plus tard dans l’adversité, se sont empressés de l’abandonner.

    On pourrait même dire, sans forcer le paradoxe, que Jeanne a fait la guerre avec amour. Amour des faibles et des humbles d’abord, qui sont toujours les premières victimes des guerres ; mais aussi amour des ennemis comme Jésus le demande. Lorsqu’elle prend la tête des armées du Dauphin Charles, elle n’a aucune hostilité de principe contre les Anglais. Elle ne cherche pas à puiser sa force dans une haine qu’elle attiserait dans ce but. Elle ne s’oppose aux ennemis que dans la mesure où ils usurpent une terre à laquelle ils n’ont pas droit : qu’ils rendent les places dont ils se sont emparés, qu’ils restituent « les clefs des bonnes villes qu’ils ont prises et violées en France », comme elle le leur demande solennellement dans la lettre qu’elle leur adresse avant Orléans, et les choses rentreront dans l’ordre. Entre les deux pays, les rapports redeviendront ce qu’ils n’auraient jamais dû cesser d’être : cordiaux et fraternels.
    Bien des gens s’égarent aujourd’hui – à commencer hélas par le président des États-Unis – en s’imaginant qu’un Poutine écrasé et humilié rendra facilement les armes. C’est le contraire qui est vrai. Un ennemi humilié est beaucoup plus dangereux encore qu’il ne l’était auparavant. Il devient prêt à jouer son va-tout, et en l’occurrence nous savons ce que ce va-tout pourrait être. Dans les guerres modernes, nous oublions trop facilement que la volonté d’humilier l’ennemi, si haïssables que soient ses méthodes, contient en germe les conflits à venir, et ne démontre au fond qu’une seule chose : que ceux qui défendent le droit ne valent pas mieux, que ceux qui le bafouent. Puisse le ciel nous préserver de tomber dans ce piège mortel – à la prière de sainte Jeanne d’Arc.
  • RCF
    29 avril 2022

    Est-ce que tu m'aimes vraiment ?

    4 min
    Ce dimanche 1er mai, troisième de Pâques, retentit dans l’évangile la question de Jésus ressuscité adressée à Pierre : « Est-ce que tu m’aimes vraiment ? » C’est le thème des quatrièmes « JDJ », les Journées diocésaines de la jeunesse du diocèse de Blois, qui ont lieu à Pontlevoy samedi et dimanche avec des jeunes collégiens et lycéens venus des quatre coins du département. Les premières JDJ s’étaient faites à Saint-Aignan en 2017, les deuxièmes à Muides et à Saint-Dyé sur Loire en 2018, les troisièmes à La Ferté Saint-Cyr en 2019, avec à chaque fois un doublement des effectifs. Mais le Covid est arrivé, qui a brisé ce bel élan et nous a contraints à deux années de jachère : cette année est donc une année de reprise, dans le cadre somptueux de l’abbaye de Pontlevoy.

    Lorsque Jésus apparaît à Pierre et aux six autres disciples au bord du lac de Galilée, on a l’impression d’un retour au quotidien : « Je m’en vais à la pêche » dit Simon-Pierre, et les autres le suivent. On est ramenés à la case départ, comme si tout ce que les disciples avaient vécu à la suite de Jésus était une simple parenthèse dans leur vie. Le plus étonnant est qu’ils savent que Jésus est ressuscité, qu’il leur a donné rendez-vous en Galilée (cf. Marc 16, 7), mais rien de tout cela ne semble encore en mesure d’opérer en eux un changement définitif.
    Tout va repartir d’une pêche miraculeuse qui rappelle étonnamment celle à l’issue de laquelle Simon avait été appelé par Jésus en ces termes : « ne crains pas, désormais ce sont des hommes que tu prendras » (Luc 5, 10). Alors, ramenant sa barque à terre et laissant tout, Simon-Pierre avait suivi Jésus, et ses compagnons avaient fait de même.

    Il arrive que le film de notre vie se rembobine ainsi, après que nous avons régressé dans l’amour du Christ. Nous sommes ramenés par grâce à un moment-clef où nous avons fait une rencontre décisive du Seigneur, où nous lui avons dit oui, et il nous regarde à nouveau à partir de ce point de départ. « Est-ce que tu m’aimes vraiment ? » Dans ce « vraiment », on peut bien sûr lire en creux notre infidélité, car pendant tout ce temps où nous avions promis d’être disciples nous ne l’avons pas été totalement, et parfois dans l’usure des jours nous avons renié. Mais ce « vraiment » est aussi une promesse : promesse d’un pardon qui nous ramène au premier jour, promesse d’une force neuve qui nous rendra enfin capables de vivre jusqu’au bout dans le temps la promesse que nous avons faite dans l’instant.
    Les jeunes dont le cœur ne s’est pas endurci ont la grâce d’être encore au contact du premier jour, ouverts à la rencontre, disposés à la réponse qui fait tout quitter pour suivre Jésus. Quand on est jeune on est capable de « donner sa vie comme on jette une fleur », selon la belle expression de Madeleine Daniélou. Nul ne peut savoir à l’avance dans quelle mesure il sera fidèle ; mais nous savons tous que le Ressuscité est capable, parce qu’il croit toujours en nous, de nous reconduire à la grâce du premier jour.
  • RCF
    22 avril 2022

    L'entre 2 tours

    4 min
    C’est une banalité de dire que notre pays ne va pas bien, et le fait qu’il ne soit pas seul à aller mal ne saurait être une consolation. Il ne va pas bien moralement, il ne va pas bien institutionnellement. Sa vie politique se démarque de plus en plus des institutions qui sont censées la réguler. L’élection du président de la République devient un instrument de protestation contre le pouvoir plus que de délégation de pouvoir. C’est un indice parmi d’autres d’une manière nouvelle et inquiétante de vivre les conflits : avec l’aide des réseaux sociaux où tous les coups paraissent permis, les détestations se moquent de la bienséance et vont parfois jusqu’à s’affranchir des lois elles-mêmes, dégénérant en condamnations à l’emporte-pièce, quand ce n’est pas en insultes et en discours de haine.
    Trop de citoyens font usage de leur droit de vote au moment des élections présidentielles pour protester contre ce qu’il est convenu d’appeler le « système », alors qu’il n’est rien de moins systématique qu’une société humaine avec ses complexités. Qu’importe : on vote pour protester, après quoi on vote pour « faire barrage », c’est-à-dire pour neutraliser les conséquences de sa protestation antérieure. Selon la formule convenue, « au premier tour on choisit, et au second on élimine. » Dès lors, qui s’étonnera qu’à peine la période électorale passée, on retourne bien vite à la protestation et qu’on fasse tout pour empêcher d’agir ceux que l’on a élus ? C’est le retour des « bonnets rouges », des « zadistes », des « gilets jaunes » et autres « antivax » et disciples en tous genres de tribuns et de charlatans de rencontre. Jusqu’à la prochaine échéance électorale où le même processus recommencera, un peu plus aggravé encore que la fois précédente dans un corps social un peu plus délité.
    Les institutions humaines sont à la fois le garde-fou et le produit de l’humanité. En tant qu’elles sont produites, elles manifestent notre génie et notre capacité de sociabilité, voire de fraternité. En tant qu’elles sont un garde-fou, elles mettent en lumière notre versatilité et leur propre fragilité, toujours à la merci des coups que nous leur portons dans des comportements auto-destructeurs. Mais « s’il n’y a plus de représentation, écrit l’auteur des réflexions qui m’inspirent cette chronique1, s’il n’y a plus de médiations, l’alternative est soit le vide, soit la confrontation dans la rue, sur les ronds-points et non dans les assemblées [régulièrement] élues ; sur les réseaux sociaux, et non dans l’espace de discussion et de confrontation organisé par les professionnels de l’information ». Ajoutons aussi : par ceux qui ont mission d’élever les débats et de placer les citoyens devant les grandes questions philosophiques auxquelles personne ne peut échapper. Afin que la parole, créatrice de liens, ne soit pas remplacée par la violence aveugle et surtout désespérée.
    Quand donc nos politiques aborderont-ils la question du sens ? Quand donc cesseront-ils de ne parler que du pouvoir d’achat et de s’écharper sur des programmes sans âme ? Peut-être quand ils auront cessé de parler et d’agir comme si le sens n’intéressait pas leurs électeurs. Ce moment pourrait être plus proche qu’on ne le pense ; mais en attendant, le débat de l’entre-deux-tours est révélateur par les sujets qu’il passe sous silence plus encore que par ceux qu’il aborde.
  • RCF
    15 avril 2022

    Saint Thomas dans tous ses états

    3 min
    Dans les documentaires, les journalistes ont souvent l’habitude de suivre un personnage pour nous présenter les événements à travers sa vie quotidienne : ce sera un médecin pendant la crise du Covid, un soldat pendant la guerre en Ukraine, un candidat à une élection…
    Pourquoi ne pas faire de même pendant la Semaine Sainte ? Je vous propose la figure de saint Thomas. Vous savez, celui qui fait reprendre la sempiternelle ritournelle « moi je suis comme saint Thomas, je ne crois que ce que je vois ! » Comme si saint Thomas se résumait à sa prétendue incrédulité, de même que saint Antoine se ramènerait aux objets perdus !
    Thomas vaut bien mieux que cela. Matthieu, Marc et Luc se contentent d’en faire mention, mais saint Jean est plus prolixe. Dans l’épisode de la résurrection de Lazare, il nous le montre courageux, avec un certain panache. Lorsque Jésus décide de se rendre auprès de son ami malade, en dépit des dangers qui le menacent, Thomas dit à la cantonade : « Allons-y, nous aussi, pour mourir avec lui ! » (Jn 11, 16).
    À son courage, voire sa témérité, Thomas ajoute une grande curiosité. À la fin du dernier repas, quand Jésus se met à parler du chemin qui conduit là où il va aller, Thomas brûle d’en savoir plus et il interroge Jésus sans détours : « Seigneur, nous ne savons même pas où tu vas : comment connaîtrions-nous le chemin ? » Admirable spontanéité qui nous vaut une admirable réponse : « Je suis le chemin, la vérité et la vie » (Jn 14, 6). Merci Thomas pour ta belle question !
    Et puis, bien sûr, il y a le rendez-vous manqué du soir de Pâques : ils sont tous là, et Thomas n’est pas là. Quelle idée d’être absent le soir où Jésus apparaît ressuscité ! Oui, mais s’ils sont tous là, c’est parce qu’ils sont morts de peur et qu’ils ont barricadé le Cénacle. C’est donc une autre confirmation que Thomas n’a pas peur. Que fait-il dans les rues de Jérusalem à cette heure tardive ? Nous n’en savons rien, mais il est courageux, c’est tout.
    « Oui, oui, dira-t-on, mais il a douté, et ce n’est pas bien de douter ! » Vous trouvez vraiment que les autres étaient des modèles de foi ? Thomas a voulu vérifier, c’est sûr. Mais il a été beaucoup plus loin que cela : il est le premier, dans le Nouveau Testament, à affirmer haut et fort la divinité de Jésus. « Mon Seigneur et mon Dieu ! » (Jn 20, 28) : ce n’est pas un acte de foi, ça ? Et quel acte de foi, que personne n’avait fait avant lui !
    En plus de tout cela, Thomas était un bon marcheur : une tradition très ancienne fait de lui l’évangélisateur de l’Inde. Mieux encore : tout récemment, un chercheur nommé Pierre Perrier a pensé trouver des traces de son passage en Chine, où il se serait introduit jusqu’à la cour de l’empereur. Cela n’a pas été du goût du régime très libéral de ce pays, qui l’a interdit de séjour après avoir infesté de virus ses ordinateurs. Mais ceci est une autre histoire.
    Pendant ces fêtes pascales, soyez comme saint Thomas : des amoureux du Christ, votre Seigneur et votre Dieu.
  • RCF
    8 avril 2022

    MENSONGE ET PROPAGANDE

    4 min
    Dans ma chronique de la semaine dernière, je soulignais qu’un des effets collatéraux des guerres était de faire disparaître la notion même de vérité en recourant sans cesse au mensonge. C’était juste avant la découverte des crimes de guerre commis dans les régions qui viennent d’être reprises par l’armée ukrainienne, et je ne croyais pas, hélas, si bien dire. L’ignominie du mensonge d’État de la part de l’envahisseur russe a dépassé toute mesure, comme si le droit des victimes à vivre était nié une deuxième fois. Selon les autorités russes en effet, les assassinats commis ne sont rien d’autre qu’une « provocation du régime de Kiev », une mise en scène macabre qu’il aurait fabriquée de toutes pièces.
    Ici s’effectue le passage du mensonge à la propagande, qui est elle aussi une forme de mensonge, mais sur une bien plus grande échelle. Le mensonge, dans le cas présent, a pour but de se disculper en accusant faussement l’adversaire de crimes qu’on a soi-même commis. La propagande poursuit un but analogue, mais bien plus large : substituer à une vision du monde fondée sur des constats une autre vision totalement fantasmée, mais cohérente, un semblant de réalité qui se substitue au réel et lui dénie toute pertinence. La propagande des autorités russes aura atteint son but si les citoyens de ce pays sont finalement convaincus non seulement que des Ukrainiens sont les véritables auteurs des crimes de masse commis à Boutcha, mais que les Ukrainiens pris collectivement sont des meurtriers, des barbares et des nazis.
    Il est intéressant de se rappeler la dérive de sens qu’a connue le mot « propagande ». À l’origine il désigne une congrégation romaine, la Congrégation de la Propagande, créée à la fin du 17e siècle ad fidem propagandam, ce qui se traduit « pour propager la foi ». Cet organisme, aujourd’hui appelé « Congrégation pour l’évangélisation des peuples », avait donc pour but de soutenir les œuvres missionnaires dans le monde. Ce sont les régimes dictatoriaux du 20e siècle qui modifieront le sens du mot lorsque, tant du côté nazi que du côté communiste, ils transformeront l’information en bourrage de crâne. C’est ainsi que le régime hitlérien s’était doté d’un ministère de la propagande, sous l’autorité du tristement célèbre Joseph Goebbels.
    Une caractéristique fondamentale de la propagande est de chercher à susciter la haine en proposant une caricature entièrement négative de ceux qu’elle combat. C’est pourquoi l’Évangile est l’exact contraire de la propagande : non seulement parce qu’il exige l’amour des ennemis, mais aussi parce qu’il révèle, derrière les apparences, la vérité de notre condition humaine. Si pécheurs et pervertis que nous soyons, nous sommes aimés d’un amour qui ne nous sera jamais refusé : « je t’aime d’un amour éternel, c’est pourquoi je te conserve ma miséricorde », déclare Dieu par la bouche de Jérémie (31, 3).



    CHRONIQUE RCF 1er AVRIL 2022



    VÉRITÉ ET MENSONGE


    Au moment où Hitler prenait le pouvoir en Allemagne, fin janvier 1933, Fritz Gerlich, rédacteur en chef du journal catholique Der gerade Weg (« le droit chemin ») écrivait ceci : « Le peuple allemand aura honte un jour qu’un chancelier allemand ait pu prononcer à haute voix un programme de gouvernement qui fasse une telle violence objective à la vérité. »
    Pour avoir parlé à propos des discours d’Hitler et des nazis de « violence objective faite à la vérité », Fritz Gerlich sera mis à mort le 30 juin 1934 après 15 mois passés au camp de Dachau. Sa veuve recevra en guise d’avis de décès une boîte en carton contenant ses lunettes maculées de sang.
    « Dans notre pays, écrivait Soljenitsyne à propos de l’Union soviétique, le mensonge est devenu non seulement une catégorie morale, mais aussi un pilier de l’État. » Dans ce pays, le premier précepte du KGB était le suivant : « Tout agent a un cerveau pour surveiller sa langue et dissimuler sa pensée. » Un certain Vladimir Poutine, jadis agent du KGB, a bien retenu la leçon. Et comme il a au
  • RCF
    31 mars 2022

    Vérité et mensonge

    3 min
    Au moment où Hitler prenait le pouvoir en Allemagne, fin janvier 1933, Fritz Gerlich, rédacteur en chef du journal catholique Der gerade Weg (« le droit chemin ») écrivait ceci : « Le peuple allemand aura honte un jour qu’un chancelier allemand ait pu prononcer à haute voix un programme de gouvernement qui fasse une telle violence objective à la vérité. »
    Pour avoir parlé à propos des discours d’Hitler et des nazis de « violence objective faite à la vérité », Fritz Gerlich sera mis à mort le 30 juin 1934 après 15 mois passés au camp de Dachau. Sa veuve recevra en guise d’avis de décès une boîte en carton contenant ses lunettes maculées de sang.
    « Dans notre pays, écrivait Soljenitsyne à propos de l’Union soviétique, le mensonge est devenu non seulement une catégorie morale, mais aussi un pilier de l’État. » Dans ce pays, le premier précepte du KGB était le suivant : « Tout agent a un cerveau pour surveiller sa langue et dissimuler sa pensée. » Un certain Vladimir Poutine, jadis agent du KGB, a bien retenu la leçon. Et comme il a aujourd’hui en face de lui un Joe Biden dont on ne sait s’il dissimule sa pensée mais dont on est sûr qu’il ne surveille pas bien sa langue, la partie n’est pas égale entre les deux.
    On aurait pu croire que le mensonge disparaîtrait avec le régime communiste : mais il n’a pas disparu car il s’accommode très bien du capitalisme, ce dernier se nourrissant de multiples mensonges et dissimulant le vol et le pillage pratiqués sur des millions de personnes derrière le mirage d’un partage des richesses qu’engendrerait mécaniquement la croissance économique.
    L’éducation à la vérité, c’est-à-dire à ne pas pactiser avec le mensonge et à en assumer les conséquences, est la pierre d’attente de toute vie morale : l’essentiel de l’éducation est donc d’apprendre à ne pas mentir. Car le mensonge ne constitue pas une faute morale parmi d’autres, mais une faute qui pervertit la conscience et qui blesse la dignité humaine.
    La guerre est toujours quelque chose de terrible. La guerre justifiée par des mensonges, comme c’est le cas la plupart du temps, ajoute une mort spirituelle aux morts humaines qu’elle entraîne. C’est pourquoi il est si difficile de se relever d’une guerre : il ne suffit pas d’enterrer les morts, il ne suffit pas de rebâtir les villes, il faut aider l’humanité à croire à nouveau en elle-même. Et c’est le défi le plus difficile à relever quand elle a montré jusqu’où peut aller sa capacité de se mentir sur ses pires comportements.
  • RCF
    25 mars 2022

    CONSÉCRATION AU CŒUR IMMACULÉ DE MARIE

    3 min
    Consacrer une personne ou un pays, c’est le vouer à Dieu de manière toute particulière pour qu’il lui appartienne. C’est le sens de l’initiative du pape François pour les nations en conflit en cette fête de l’Annonciation du Seigneur, marquée cette année par la terrible guerre d’agression de la Russie contre l’Ukraine.

    En accomplissant ce geste le Pape ne prend pas parti, et ce n’est pas sa mission de le faire. Il souligne lui-même sa volonté de prier pour tous les belligérants : « J’entends accomplir un acte solennel de consécration de l’humanité, et particulièrement de la Russie et de l’Ukraine, au cœur immaculé de Marie ». Plus loin il ajoute qu’il s’agit là d’un « geste de l’Église universelle qui, en ce moment dramatique, porte à Dieu, par sa Mère et notre Mère, le cri de douleur de tous ceux qui souffrent et implorent la fin de la violence. » C’est pourquoi tous les évêques du monde sont priés de s’y associer, afin que cet acte du successeur de Pierre apparaisse vraiment comme un acte de l’Église tout entière.

    Cette consécration revêt une dimension pénitentielle car ce qui est à reconnaître en premier lieu, c’est notre complicité universelle dans le péché qui engendre la guerre. C’est pourquoi l’acte de consécration invite à faire le lien entre le péché de la guerre et les péchés contre la création et contre notre prochain : « Nous avons mutilé par la guerre le jardin de la Terre, nous avons blessé le cœur de notre Père qui nous veut frères et sœurs. Nous sommes devenus indifférents à tous et à tout, sauf à nous-mêmes. Et avec honte nous disons : pardonne-nous, Seigneur ! »

    Mais puisque le Cœur de Marie est à la fois tout proche de nous et tout proche du Cœur de son Fils, la prière de consécration est fondamentalement une prière d’espérance. « Répète à chacun de nous, écrit le Pape : "Ne suis-je pas ici, moi qui suis ta Mère ?" Tu sais comment défaire les nœuds de notre cœur et de notre temps. Nous mettons notre confiance en toi… Nous avons un besoin urgent de ton intervention maternelle. »

    Comme à Cana, nous sommes sûrs que cette intervention maternelle ne peut pas nous faire défaut. La seule chose qui peut nous faire défaut, c’est la foi. Et c’est bien pour cette raison que Marie, à Fatima, s’est fait si pressante pour que nous nous réfugions dans son Cœur immaculé qui supplée à tous nos manques de foi et d’espérance.
  • RCF
    18 mars 2022

    LA JOURNÉE MÉMORIELLE DU 20 MARS ET LE 25 MARS

    3 min
    Cette année, partout dans notre pays, les communautés catholiques célébreront la première journée mémorielle sur les abus sexuels. Cette journée est prévue chaque année le vendredi de la troisième semaine de Carême, mais pour marquer la célébration inaugurale la date choisie est à titre exceptionnel le troisième dimanche, c’est-à-dire ce dimanche 20 mars.
    Cette commémoration pourra prendre des formes différentes en fonction des conditions locales, par exemple un chemin de croix. Mais dans la majorité des cas, elle sera incluse dans la messe dominicale qui nous propose, entre autres textes splendides, le récit de la rencontre de Dieu par Moïse à l’Horeb (Exode 3). Lorsque Moïse s’approche pour mieux voir « cette chose extraordinaire » qu’est le Buisson ardent, Dieu lui demande d’ôter ses sandales, car le lieu où Dieu se trouve est « une terre sainte ». On peut en dire autant de ce que Thérèse de Lisieux appelait le « sanctuaire des âmes » : l’intimité de chaque personne est un sanctuaire où Dieu habite et où l’on ne pénètre pas n’importe comment et sans y être invité (comme c’est le cas, par exemple, dans l’accompagnement spirituel). C’est cette présence divine elle-même dans le sanctuaire de l’âme qui est profanée lorsque la confiance d’un être humain, enfant ou adulte, est trahie par un abuseur.

    Dans les cinq diocèses de notre Province (Tours, Chartres, Orléans, Bourges et Blois), nous aurons vécu le 19 mars un grand pèlerinage des pères de famille et des familles à Saint-Joseph : ce pèlerinage sera l’occasion de méditer sur l’exercice de la paternité. Qu’elle soit charnelle ou spirituelle, elle est toujours un mystère d’effacement devant la paternité de Dieu « de qui toute paternité au ciel et sur la terre tire son nom » comme le dit l’épître aux Éphésiens (3, 14). Il ne peut s’agir en aucune manière de supprimer ou de réduire la fonction paternelle ou maternelle, avec ses diverses variantes éducatives, car elle est essentielle à la croissance de tout être humain en responsabilité et en liberté. Mais il s’agit de purifier sans cesse cette mission afin que l’exercice de l’autorité ne cesse jamais d’être interrogé et purifié pour demeurer un service de la croissance des personnes.

    J’ajoute un post-scriptum à cette chronique. Le Pape François renouvellera le 25 mars la consécration de la Russie au Cœur immaculé de Marie, en y ajoutant l’Ukraine. Je redis en terminant la prière que saint Paul VI avait prononcée en 1964 dans les mêmes circonstances :

    «O Mère des hommes et des peuples, Tu connais toutes leurs souffrances et leurs espérances, Tu as un sentiment maternel pour toutes les luttes entre le bien et le mal, entre la lumière et les ténèbres qui secouent le monde : accueille notre cri adressé dans l'Esprit Saint directement à Ton cœur et… prends sous Ta protection maternelle toute la famille humaine… Que le temps de la paix et de la liberté, le temps de la vérité, de la justice et de l'espoir s'approche pour tous.»
  • DR RCF
    11 mars 2022

    CHRÉTIENS D’UKRAINE, CHRÉTIENS POUR L’UKRAINE

    2 min

    En ce début de semaine, le Conseil permanent de la Conférence des évêques de France a rencontré Monseigneur Hlib LONCHYNA, administrateur apostolique de l’Éparchie de Saint-Vladimir pour les Ukrainiens de rite byzantin en France. Il s’agit de la petite communauté catholique ukrainienne (environ 10% de la population du pays), sachant que la majorité des Ukrainiens sont orthodoxes (environ 65%).
    À la question que nous lui posions « que pouvons-nous faire pour l’Ukraine ? », Monseigneur Lonchyna a répondu que les Ukrainiens recevaient avec gratitude tous les secours matériels et l’accueil dans les pays occidentaux, mais qu’ils nous demandaient avant tout notre prière. La prière pour tenir bon, la prière pour ne pas désespérer, la prière pour avoir la force du pardon devant l’injustice et la violence dont ils sont victimes. Il a répété les paroles qu’il avait prononcées le 4 mars dans une veillée œcuménique de prière pour la paix à Vincennes : « Le mal ne peut pas régner, la bonté et l’amour vaincront. Mais cela coûtera beaucoup de victimes, de ruine et de sang… Prions afin que le Seigneur accepte nos prières et porte soulagement à ceux qui souffrent. Persévérons dans la foi et la confiance. »
    Parmi les associations qui peuvent recevoir vos dons pour l’Ukraine et pour les réfugiés, mentionnons : l’Œuvre d’Orient, l’Aide à l’Église en détresse, l’Ordre de Malte, la Mission polonaise en France. Il en existe bien d’autres encore.
    Je vous signale aussi une veillée de prière pour la paix qui se tiendra ce vendredi 11 mars à 20 heures 30 au Temple protestant de Blois, 30 rue des Minimes.

    Terminons en citant le Pape François :
    « Toute guerre laisse le monde pire que dans l’état où elle l’a trouvé. La guerre est toujours un échec de la politique et de l’humanité, une capitulation honteuse, une déroute devant les forces du mal. »
    Et prions pour que l’humanité ne se laisse pas prendre aux pièges que lui tendent les forces du mal.

  • RCF
    4 mars 2022

    De quoi Jésus a-t-il eu peur ?

    3 min
    À Gethsémani, Jésus a connu « l’effroi et l’angoisse » nous dit l’évangile de Marc, ainsi que « l’agonie » selon l’évangile de Luc. Jésus a donc eu peur. De quoi a-t-il eu peur ? Sans aucun doute de la souffrance et de la mort qui l’attendaient dans les heures qui allaient suivre. Pourtant, dire cela, ce n’est pas aller assez loin dans le mystère de Gethsémani, et cela pour deux raisons au moins :
    D’abord, l’effroi ressenti par Jésus devant la mort est bien plus profond que le nôtre. En effet, par toute une part de nous-mêmes nous avons une complicité avec la mort car nous sommes pécheurs. Pour Jésus, la mort est le contraire de ce qu’il est : il est la Vie ! La souffrance et la mort sont totalement étrangères à sa nature.
    Mais surtout, l’effroi de Jésus a porté sur autre chose de plus mystérieux et de plus angoissant encore. Plus que le don de sa propre vie, ce qui lui a fait peur est que ce don puisse ne pas être reçu. Car ce don est le plus grand et le dernier que Dieu peut nous faire : au-delà de son propre Fils, il n’a plus rien à donner, et si pour notre malheur nous refusons ce don, nous sommes perdus pour toujours.
    « Mon âme est triste à mourir » dit Jésus (Mt 26, 38) : l’agonie est un combat avec une autre forme de mort qu’on peut appeler la « mort de tristesse ». Comme l’a écrit un théologien contemporain, « ce n’est pas la perspective de la mort qui provoque l’agonie de Jésus, mais sa possible inutilité en ceux pour qui il se livre. »

    Il est utile d’évaluer nos propres peurs à l’aune de cette peur. Car notre monde est un monde qui a peur, et son manque de courage se traduit dans sa peur panique de la mort. Lorsque des États sont contraints de s’engager dans des conflits, ils ne veulent pas courir le risque d’un seul soldat tué, alors que ceux qui nous veulent du mal sont prêts à mourir et même à se donner la mort pour tuer et détruire le plus possible. Si bien que la partie n’est pas égale entre ceux qui ne veulent mourir à aucun prix et ceux qui vont jusqu’à regarder la mort comme un but désirable qui fera d’eux des « martyrs ». Mais songeons surtout que si certains jeunes gens sont prêts à mourir pour n’importe quoi, c’est parce qu’ils étaient d’abord à la recherche de raisons de vivre et qu’on ne leur en a pas donné.
    Jésus est venu dans le monde avec une raison de vivre et une raison de mourir : l’amour infini qu’il partage avec le Père pour toute l’humanité qui s’en va à sa perte. Et la seule peur qu’il connaît est que cet amour soit méconnu, que cette parole de vie ne soit pas reçue. C’est sa seule tristesse. « Il n’y a qu’une tristesse, écrivait Léon Bloy, c’est de n’être pas des saints » : c’est de n’avoir peur que pour notre vie d’ici-bas, et d’oublier les vraies raisons de vivre et de donner sa vie que Jésus nous a enseignées.
  • RCF
    25 février 2022

    Volonté de puissance

    3 min
    Il a été beaucoup question ces dernières semaines des visées hégémoniques de la Russie sur l’Ukraine, et à l’heure où je parle les hostilités ont commencé. Cela éclipse pour le moment les visées tout aussi hégémoniques de la Chine sur Taïwan et de bien d’autres pays sur ce qu’ils considèrent comme leur zone légitime d’influence. Notre monde, encore bercé du rêve de paix universelle, est unanime à condamner cette volonté de puissance, mais il avoue ne pas savoir comment y mettre un terme autrement qu’en rappelant des principes.
    Je redoute qu’il n’y ait dans ces rappels une grande méconnaissance de la nature humaine. Cela se traduit par la difficulté à mettre les problèmes en perspective historique : or quand on le fait on se rend compte que les conflits armés, avec la préparation belliqueuse qui les précède, sont presque toujours la conséquence d’humiliations subies. C’est pour la Russie l’humiliation des années 90, avec la mise à l’écart de ce grand pays par les puissances occidentales et en particulier les États-Unis, et l’ambition corrélative d’étendre leur zone d’influence à tous les anciens pays du bloc soviétique, au mépris de ce que la Russie a toujours considéré comme son indispensable espace de sécurité. Quant à l’agressivité actuelle de la Chine dans l’espace maritime de l’Extrême Orient, elle a évidemment quelque chose à voir avec l’arrogance passée des pays européens qui l’avaient humiliée sans vergogne et sans retenue au dix-neuvième siècle et dans la première moitié du vingtième.
    Ces pays européens auraient pourtant pu apprendre beaucoup de leur propre histoire : la deuxième guerre mondiale et la montée du nazisme qui l’a provoquée résultaient directement de l’humiliation du traité de Versailles, où les plénipotentiaires allemands n’avaient même pas eu le droit d’assister aux négociations. Et le traité de Versailles avec ses clauses humiliantes découlait directement de l’humiliation de la France par l’Allemagne bismarckienne après la défaite de 1871. Mais l’unité allemande, dirigée contre la France, s’était elle-même largement édifiée sur le ressentiment suscité par les guerres napoléoniennes et les ambitions démesurées de la France révolutionnaire.
    On peut ainsi remonter de cause en cause, c’est-à-dire d’humiliation en humiliation, vers des causes toujours plus lointaines mais dont nous sommes pourtant les héritiers. Qu’est-ce qui peut mettre un terme à ces enchaînements d’humiliation et de haine ? Sûrement pas la négation de l’histoire sur laquelle notre Europe actuelle essaie en vain de se bâtir. Mais plus sûrement sur la mémoire des artisans de paix qui ont toujours surgi aux moments les plus critiques et démontré par leur engagement qu’il n’y a de fatalité ni dans l’humiliation ni dans l’esprit de vengeance, mais que le salut réside toujours dans la volonté des peuples de progresser dans la connaissance mutuelle et dans le partage avec les autres du meilleur de leur héritage.
  • RCF
    18 février 2022

    Deux femmes, deux livres

    3 min
    On ne compte plus les livres de femmes qui écrivent sur la condition féminine. Certaines d’entre elles se risquent à inclure dans leurs analyses le christianisme et la condition des femmes dans l’Église. Le résultat peut être très différent selon que l’essayiste a une idée théologique ou seulement sociologique de la nature de l’Église. On peut parfois aboutir à une incompréhension totale.
    Il n’en va pas ainsi des deux livres dont je veux vous parler cette semaine, parce qu’ils sont écrits par des femmes de foi, même si elles représentent deux visions assez différentes. La première de ces deux femmes est une bibliste bien connue, de surcroît agrégée des Lettres et docteur en Sciences des religions : il s’agit d’Anne-Marie Pelletier. Dans une étude serrée parue au Cerf en 2019 et intitulée L’Église, des femmes avec des hommes, Anne-Marie Pelletier prend d’abord acte des brèches qui ont été ouvertes au XXe siècle, et surtout depuis le concile Vatican II, dans le discours ecclésial sur la place des femmes. Parmi les papes, elle cite en particulier saint Jean-Paul II, Benoît XVI et bien sûr François. Mais elle constate que les changements opérés dans le discours sur les femmes n’ont pas produit pour le moment de véritable partage de parole et de responsabilité « en vue de l’édification de la communauté », invitant à se méfier en particulier des discours qui magnifient trop facilement une image abstraite de la femme, tout en s’accommodant de la mise à l’écart des personnes concrètes dans la vie ecclésiale. C’est la rançon d’une réflexion sur les femmes produite par des hommes qui se sont autorisés à penser et à légiférer pour elles, c’est-à-dire à leur place. La césure historique de l’encyclique Humanae Vitae en est pour elle une illustration douloureuse, en même temps qu’une date importante pour la distance prise par de nombreuses femmes par rapport à l’Église.
    En des pages brillantes, Anne-Marie Pelletier propose ensuite une lecture de grands textes bibliques, à commencer par celui de la création où Dieu fait surgir l’Humain avant de distinguer les sexes. On remarquera aussi son insistance sur la présence et le rôle des femmes dans l’entourage de Jésus, ainsi que son analyse de la parole de saint Paul « il n’y a plus l’homme et la femme » (Galates 3, 28), parole qui n’élimine en rien la distinction mais qui proclame, bien au contraire, la fin de l’inimitié et de la domination. Enfin, dans des chapitres inspirants, Anne-Marie Pelletier met en garde contre la traduction des revendications en termes de pouvoir ou de partage de pouvoir : il s’agit de bien autre chose, de prendre conscience de la manière dont les femmes, à partir de leur manière propre d’appréhender la vie, savent exprimer Dieu.
    Le second livre, plus concis, est tout aussi inspirant. On le doit à Sandra Bureau, vierge consacrée et docteur en théologie elle aussi. Son titre dit son intention : Église de Marie, Église de Pierre (édité par Mame en 2021). Dans l’Église, le ministère pétrinien, exercé par des hommes à la suite de Pierre et des autres apôtres, ne va pas sans son correspondant féminin, dont la source est en Marie. Comme au Cénacle, l’homme et la femme n’ont pas vocation à être face à face, mais bien côte à côte pour que l’Église soit telle que le Christ la veut. Mais ce seront toujours les femmes qui apprendront aux hommes à être vraiment membres de l’Épouse qui dit son oui à l’Époux.
  • RCF
    11 février 2022

    Retour sur l'espérance

    4 min
    C’est une tradition pour les évêques de France de publier un document avant les élections présidentielles. J’ai déjà eu l’occasion m’exprimer le mois dernier sur celui qui est proposé cette année (intitulé L’espérance ne déçoit pas), mais c’était avant sa mise en vente : c’est pourquoi je reviens aujourd’hui sur ce sujet.
    Pourquoi cette tradition de publier un tel document ? C’est d’abord un texte destiné aux candidats, et qui est envoyé à chacun d’eux personnellement. Il est en effet légitime et nécessaire, quelles que soient leurs options personnelles, qu’ils connaissent les préoccupations des catholiques sur les sujets majeurs de notre société ; peut-être aussi, et même sans doute, sur des sujets qu’eux-mêmes, en tant que candidats, ne considèrent pas comme majeurs. Car pour le dire clairement, les questions à se poser dans notre pays ne se réduisent pas au pouvoir d’achat ou à la maîtrise des changements climatiques, même si ces questions sont graves et parfois vitales. Les religions en général, et la religion catholique en particulier, invitent à opérer des déplacements de perspective : elles soulèvent la question du sens, qu’on pourrait être tenté de mettre sous le tapis en la renvoyant aux préférences individuelles et en oubliant qu’une société qui ne se demande pas où elle veut aller est une société qui ne mérite pas de survivre.
    Par le fait même, le texte ne s’adresse pas qu’aux candidats, mais à tout citoyen et à toute personne de bonne volonté. Le titre L’espérance ne déçoit pas, emprunté à saint Paul (Romains 5, 5), n’a pas été choisi au hasard. Comme le dit Mgr de Moulins-Beaufort, « nos sociétés occidentales sont inquiètes, habitées de peurs… Les motifs d’inquiétude sont nombreux et valent la peine d’être nommés et considérés. Proclamer notre espérance, au nom de notre foi chrétienne, c’est rappeler que la destinée de l’humanité ne s’arrête pas à la crise humanitaire, sanitaire et écologique… C’est aussi rappeler que la vie sociale est fondée sur le choix de vivre ensemble dans la paix et qu’une élection présidentielle est l’occasion de renouveler ce choix. »
    Allons plus loin. Le philosophe Emmanuel Kant résumait tout le questionnement humain par trois questions fondamentales : que pouvons-nous connaître ? que devons-nous faire ? que nous est-il permis d’espérer ? La première question touche notre capacité de comprendre le monde, la seconde notre appréhension du bien et du mal et nos décisions morales, et la troisième notre destinée ultime, par-delà la limite de la mort. Non seulement la foi chrétienne apporte des réponses spécifiques à chacune de ces trois questions, mais elle nous rappelle aussi, que nous soyons croyants ou non, que nous ne pouvons en négliger aucune. C’est d’ailleurs pour cette raison que Kant les récapitule dans une seule interrogation : « qu’est-ce que l’homme ? » Nous constatons aujourd’hui des divergences de plus en plus profondes sur la manière de nous comprendre comme êtres humains. Pour que ces divergences ne se creusent pas plus encore jusqu’à des oppositions irréconciliables, engendrant des condamnations et des guerres sans merci, il nous faut absolument apprendre à nous écouter sans complaisance et avec un total respect. C’est le but de la politique, au sens le plus noble du terme.
  • RCF
    3 février 2022

    Les vieux et les vieilles

    3 min
    À intervalles réguliers, on reparle des maisons pour personnes âgées dépendantes, en utilisant le sinistre acronyme « EHPAD », pour dénoncer tel ou tel scandale de maltraitance à leur égard. C’est ce qui vient de se produire ces derniers jours avec la mise en cause du groupe Orpea, cette entreprise privée fondée en 1989 par un neuropsychiatre français, et vouée, selon sa propre présentation accessible sur internet, à « créer et gérer des maisons de retraite pour accompagner le grand âge ».
    Depuis la parution d’un brûlot intitulé Les Fossoyeurs, on sait que ce groupe est accusé de chercher par tous les moyens à « optimiser son profit » en rationnant les résidents et en pratiquant une maltraitance chronique. Aussitôt, le monde politique s’est ému et s’est déclaré bouleversé et révolté, la ministre concernée a pris soin de préciser qu’elle avait « bien expliqué [sa] colère [et son] émotion » aux représentants du groupe venus la rencontrer, assurant sa volonté de « frapper fort » parce que, ajoutait-elle avec élégance, « on ne veut plus que des groupes considèrent le grand âge comme une pompe à fric ».
    Ces indignations vertueuses et ces promesses de sanctions seraient de bon aloi si elles entrouvraient une porte sur la question fondamentale que recouvre l’existence même de ces établissements. Cette question est celle de la mise à part des vieux et des vieilles. Je dis bien « les vieux et les vieilles », et non les « seniors », car la première condition pour poser sainement une question est de désigner les personnes par leur nom plutôt que de chercher mille tournures euphémistiques, comme s’il était indécent de dire qu’une vieille personne est vieille. Le travestissement du langage est la première étape de la mise à l’écart, de la mise au rancart qui caractérise tellement aujourd’hui ce que le pape François appelle la « culture du déchet ».
    En tant qu’homme et en tant que chrétien, je soutiens que la cause des « dysfonctionnements » (encore un joli mot) dans notre manière de traiter les gens âgés réside d’abord dans notre manière de les voir comme des êtres désormais inutiles, encombrants, et qu’il est préférable de reléguer dans des lieux à part pour qu’ils ne dérangent personne. En disant cela, je ne jette surtout pas la pierre à leurs familles, car je sais à quel point notre mode de vie actuel est peu propice à l’accueil, qu’il s’agisse des migrants ou des vieux et des vieilles. C’est en fait toute une civilisation productiviste et égoïste qu’il faut questionner sur les choix qu’elle fait et qu’elle ne cesse de ratifier en désignant des coupables lorsque des scandales éclatent pour se défausser sur eux. À la veille de nouvelles échéances électorales dont il est à craindre qu’elles n’aillent pas regarder si profond, c’est le troisième terme de notre devise républicaine, le mot « fraternité » qu’il s’agirait de remettre à sa vraie place – en vérité la première place.
  • RCF
    28 janvier 2022

    La sainteté des gens ordinaires

    3 min
    Chaque année, la retraite pastorale est une pause bienfaisante dans le quotidien des prêtres et des diacres (et aussi de l’évêque). Elle dure une semaine, tantôt dans le diocèse, tantôt en-dehors. Cette année, la communauté des Béatitudes nous accueillait à nouveau pour une retraite prêchée par le Père Gilles François, prêtre du diocèse de Créteil et chargé de la cause de béatification de Madeleine Delbrêl.
    Qui est Madeleine Delbrêl ? Une femme née en 1904 et morte en 1964. Le catholicisme de sa famille était surtout sociologique, et durant son adolescence elle devient athée, au point d’écrire en 1922 : « Dieu est mort, vive la mort ! » Mais voilà qu’elle rencontre des jeunes de son âge pour qui le Christ est un vivant, le Vivant : « Le Christ, écrit-elle, ils auraient pu avancer une chaise pour lui ! » Cela la conduit en 1924 à s’agenouiller pour prier, et à partir de ce moment elle restera « éblouie par Dieu », selon sa propre expression.
    Une autre grande date de sa vie est 1933. Encouragée par son accompagnateur spirituel, le Père Lorenzo, elle s’établit à Ivry sur Seine, qui est à l’époque la capitale française du communisme et la circonscription électorale de Maurice Thorez. Elle y restera jusqu’à sa mort, renonçant dès 1935 à l’abri sécurisant de la paroisse locale pour s’établir, avec ses compagnes, en pleine ville, comme « nous autres gens des rues » – c’est le titre de son premier livre, paru en 1938.
    Durant cette retraite, notre prédicateur a eu l’art de nous faire découvrir et méditer les nombreuses pépites qui jalonnent les écrits de Madeleine. En voici quelques-unes.
    - Sur la Parole de Dieu : « La Parole de Dieu, on ne l’emporte pas au bout du monde, dans une mallette : on la porte en soi, on l’emporte en soi… Sa tendance vivante est de se faire chair en nous. »
    - Sur l’amour : « Nous ne savons que deux choses : la première, que tout ce que nous faisons ne peut être que petit ; la seconde, c’est que tout ce que Dieu fait est très grand. »
    - Sur la vie de foi : avec cette vie, « la plante de la vie évangélique ne pourra pas ne pas jaillir. » Sans cette vie, « nous ferons des jardins de fleurs coupées qui faneront en deux jours. »
    - Sur la souffrance : « Presque tous les gens qui essaient… d’être de vrais disciples du Christ passent [par elle] un jour ou l’autre… C’est du "fait sur mesure" pour chacun. Sans passer par là, je ne pense pas qu’on puisse croire en Dieu, espérer en Dieu, aimer Dieu avec désintéressement, sans s’aimer égoïstement soi-même. »
    - Sur la joie chrétienne enfin : « C’est de croire concrètement – avec la foi – que nous avons toujours et partout tout ce qu’il faut pour être heureux. »
  • RCF
    23 janvier 2022

    Information déformation

    3 min

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