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Le Mot de l'évêque
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Le Mot de l'évêque RCF - page 9

Une émission de RCF Loir-et-Cher présentée par Mgr Francis Bestion

Regard sur l'actualité et la vie de l'Église

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Episodes

  • RCF
    29 janvier 2021

    Auprès de Saint Jean-Marie Vianney

    3 min
    L’avant-dernière semaine de janvier est la date habituelle de la retraite pastorale proposée aux prêtres et diacres du diocèse de Blois. Petite retraite cette année, car la situation sanitaire a dissuadé un certain nombre d’aînés de partir avec nous. Nous nous sommes donc retrouvés une quinzaine pour partir à la rencontre de saint Jean-Marie Vianney, curé d’Ars. Saint Jean-Marie Vianney est né en 1886 aux portes de Lyon, à Dardilly, dans une famille de cultivateurs relativement aisés. La Révolution et les persécutions contre les prêtres lui valent une formation chrétienne un peu différée et une scolarisation à 17 ans seulement. Ses difficultés dans les études sont restées légendaires, mais il était fort intelligent, ainsi que cela se révèlera plus tard. Notons que son formateur en vue du séminaire fut l’abbé Charles Balley, qui était avant la Révolution curé de Choue dans notre diocèse et qui en avait été chassé par l’évêque constitutionnel, l’abbé Grégoire. Ordonné prêtre à 29 ans en 1815, Jean-Marie Vianney est nommé en 1818 desservant d’Ars, un village qui se trouve dans l’Ain, à une trentaine de kilomètres de Lyon. Il y restera 41 ans jusqu’à sa mort en 1859, et sa réputation de sainteté y attirera des foules de plus en plus nombreuses. Il a été proclamé patron de tous les curés de paroisse. Notre retraite-pèlerinage ne se limitera pas à Ars, car la région lyonnaise au 19e siècle a vu fleurir partout la sainteté. Nous ferons donc une visite à Lyon au Prado, une ancienne salle de bal transformée en chapelle par le bienheureux Antoine Chevrier, prêtre lyonnais de quarante ans plus jeune que saint Jean-Marie Vianney et converti par la détresse des plus démunis. Dans cette retraite et ce périple que nous avons la grâce de faire à la suite des saints, nous portons tout le diocèse de Blois dans notre prière. Merci de prier de votre côté pour que le fait de mieux connaître de saints prêtres fasse de nous tous de saints pasteurs qui sauront vous aider à vous rapprocher de Dieu.
  • RCF
    15 janvier 2021

    Saint Joseph

    3 min
    Il y a 150 ans, le pape Pie IX proclamait saint Joseph patron de l’Église universelle. Le 8 décembre dernier, le pape François a annoncé pour l’Église une année saint Joseph, qui s’achèvera le 8 décembre 2021. François a également publié une longue lettre apostolique intitulée Patris corde, un cœur de père. Ce cœur, c’est celui de Joseph, et le Pape se plaît à en détailler les vertus. C’est d’abord un cœur de serviteur, car Joseph a fait de sa vie entière un service ; c’est aussi celui en qui Jésus a vu le reflet de la tendresse du Père des cieux, mais qui, sachant que toute paternité sur la terre est imparfaite, a su remettre sa faiblesse et ses limites à Dieu pour qu’il lui donne toutes les grâces dont il avait besoin pour remplir sa mission. Joseph est aussi un modèle d’obéissance, d’abord dans sa manière de ne pas anticiper le jugement de Dieu quand il voit que Marie est enceinte : au lieu de juger, il attend que Dieu lui révèle le sens de cet événement qu’il ne comprend pas. Et quand l’ange du Seigneur lui donne à la fois l’intelligence de ce qui se passe en Marie et les ordres qu’il doit exécuter, il le fait et il commence alors à exercer sa paternité. Joseph, dit le Pape, « laisse de côté ses raisonnements pour faire place à ce qui arrive et, aussi mystérieux que cela puisse paraître à ses yeux, il l’accueille, en assume la responsabilité et se réconcilie avec sa propre histoire. Si nous ne nous réconcilions pas avec notre histoire, nous ne réussirons pas à faire le pas suivant parce que nous resterons toujours otages de nos attentes et des déceptions qui en découlent. » Mais Joseph n’est pas un exécutant sans initiative : c’est « un père au courage créatif », qui apporte une collaboration active et inventive au plan de salut de Dieu. Lui qui n’appartient pas au monde des puissants, il nous montre la bonne attitude pour changer le cours des événements et influer sur la marche du monde, simplement en faisant ce que l’on doit. Par son courage créatif, nous dit le Pape, il réussit toujours à « transformer les problèmes en opportunités en faisant confiance à la Providence » : quel meilleur saint patron et quel meilleur exemple pourrions-nous avoir alors que tant d’incertitudes pèsent sur nous ?
  • RCF
    8 janvier 2021

    Meilleure année

    3 min
    Chers amis, beaucoup de cartes de vœux en ce début d’année portent, à côté ou à la place du classique « bonne année », la mention « meilleure année ». En effet, il est des années qu’on voit s’achever avec un sentiment de soulagement… Et comme la nature humaine est heureusement portée à espérer un avenir meilleur que le passé, on se prend à espérer et à souhaiter beaucoup de choses pour les uns et pour les autres. Il y a là un phénomène ultra-classique, qui fonctionne encore mieux quand on ressort mécontent ou découragé d’une année difficile. Mais qu’est-ce donc qu’une « meilleure année » ? C’est bien sûr une année où nous pourrons peut-être dire que l’épidémie du coronavirus a été vaincue, ou du moins maîtrisée. C’est une année où les conséquences économiques et sociales de cette épidémie auront pu au moins être limitées, où les plus fragiles d’entre nous auront été pris en compte et aidés à s’en sortir. Mais c’est aussi, et peut-être d’abord, une année où nous aurons progressé dans la « culture du soin », comme nous y appelle le Pape François ; une année où le soin que nous prendrons les uns des autres se transformera pour notre humanité en un véritable « parcours de paix » – autre expression qu’utilise le Pape dans ses vœux de Nouvel An. Rappelant que la crise sanitaire aggrave « des crises liées entre elles, climatique, alimentaire, économie et migratoire », il nous propose « les principes de la Doctrine sociale de l’Église comme boussole » et « la dignité inaliénable de la personne humaine comme gouvernail ». Bref, il nous met en garde contre le sauve-qui-peut individualiste et il nous appelle à nous comporter en frères les uns des autres : Fratelli tutti, « tous frères », c’est le titre de sa dernière encyclique. Une autre expression que nous entendons souvent et que nous utilisons sans doute nous-mêmes est : « prenez soin de vous ». Sur ce point précis, le Pape nous appelle aussi à une révolution copernicienne, puisqu’il nous dit en substance « prenez d’abord soin des autres, et les autres à leur tour prendront soin de vous ». Ce n’est d’ailleurs que la transposition d’une parole de l’Évangile : « tout ce que vous voulez que les autres fassent pour vous, faites-le d’abord pour eux : voilà la Loi et les prophètes » (Matthieu 7, 12). Alors, que vous souhaitez de plus beau en ce début d’année que de mettre en pratique cette parole ? Le bonheur collectif ne se trouve pas dans la sécurité, sécuritaire ou sanitaire : il se trouve dans ce que le Pape appelle la « charité sociale », c’est-à-dire l’amour mutuel comme moteur de la vie sociale et politique. Une utopie ? À nous de démontrer que ce n’en est pas une, mais que c’est un magnifique défi de fraternité !
  • RCF
    25 décembre 2020

    Message de Noël

    3 min
  • RCF
    11 décembre 2020

    NÉOLIBÉRALISME : DISPARITÉS SOCIALES, OPPRESSION POLITIQUE

    3 min
    Juste avant l’été paraissait un essai d’Edgar Morin intitulé Changeons de voie et qui tentait de tirer les premières leçons de la crise du coronavirus. J’en ai surtout retenu la condamnation sans appel du néolibéralisme et de son mensonge fondamental consistant à réduire « toute politique à l’économique et tout économique à la doctrine de la libre concurrence comme solution à tous les problèmes sociaux » (page 53). À ce premier mensonge, écrit Edgar Morin, s’en ajoute un deuxième non moins pernicieux : le mensonge du « ruissellement », vigoureusement condamné par le pape François (Fratelli tutti, n°168), selon lequel l’accroissement exponentiel de la richesse des plus riches finira toujours par ruisseler sur les plus défavorisés. Il est un autre point sur lequel je voudrais m’arrêter car il est au cœur du débat sur la loi dite de « sécurité globale » et de son trop fameux article 24. Des économistes comme Gaël Giraud nous aident à prendre conscience que le néolibéralisme, qui se donne pour un parangon de défense des libertés individuelles, finit par avoir besoin de devenir autoritaire pour arriver à ses fins. Son autoritarisme se traduit dans un premier temps par la prolifération des règlementations et de la bureaucratie. « Si vous êtes néolibéral, vous croyez que tout se résout par l’instauration d’un marché concurrentiel. Mais comme ce "marché" n’existe pas, il va vous falloir beaucoup d’employés de bureau pour l’imposer et le faire fonctionner » (Gaël Giraud). Mais la tentation sera aussi de plus en plus grande d’enjamber allègrement la lenteur des processus démocratiques – ce dont témoigne la loi de « sécurité globale ». N’oublions pas que les pays les plus en pointe du néolibéralisme sont la Chine ou Singapour, des États qui exercent sur les individus une surveillance de tous les instants : il y aurait en Chine, dit-on, une caméra de surveillance pour deux habitants ! Quant aux États-Unis, s’ils restent un pays démocratique, ils n’en sont pas moins un des pays où les diverses formes de répression sont les plus violentes. À l’approche de Noël et de la naissance du Libérateur, tout cela nous rappelle combien l’humanité est douée pour s’infliger à elle-même les pires esclavages.
  • RCF
    27 novembre 2020

    Bientôt l'Avent

    3 min
    Oublions un instant tous les inconvénients et les drames de notre vie quotidienne et pensons à cette bonne nouvelle : nous allons changer d’année ! Car l’année ne commence pas le 1er janvier, qui n’est qu’une date conventionnelle : pour nous chrétiens, elle commence le premier dimanche de l’Avent que nous espérons bien pouvoir célébrer ensemble dans l’assemblée liturgique. L’Avent signifie la venue, ou mieux encore l’avènement. En ces temps où l’avenir nous paraît incertain, l’Avent nous tourne vers la rencontre d’un Visage, celui du Christ qui vient dans la gloire. Rappelons-nous l’évangile de dimanche dernier : tous ceux à qui s’adresse le Roi de gloire lui disent : « Seigneur, quand t’avons-nous vu ? » Justement, l’Avent nous est donné pour nous apprendre à le voir qui vient à notre rencontre, de manière à ne pas être surpris lors de son ultime avènement. À l’époque où l’empereur Hadrien achevait à Rome la construction du Panthéon, il avait laissé la coupole de l’édifice ouverte sur le ciel grâce à un oculus ménagé à son sommet. Cette ouverture existe toujours aujourd’hui, et le regard n’y distingue rien d’autre que les nuages et les étoiles. Dans les églises byzantines au contraire, la coupole n’est plus ouverte sur le ciel, mais sur un visage d’homme représenté en fresque ou en mosaïque et qui nous regarde : à la symbolique céleste de l’inaccessible se substitue une symbolique nouvelle, celle d’un Dieu qui s’est fait proche et qui, élevé dans la gloire, ne cesse pas d’être l’un d’entre nous et de diriger son regard vers nous. C’est certainement ce Visage que l’on pourra à nouveau contempler à l’intérieur de la coupole de Sainte-Sophie de Constantinople, le jour où seront retirés les badigeons qui y ont été apposés lorsque Sainte-Sophie est devenue une mosquée. Mais peut-être d’ici-là le second avènement du Christ aura-t-il déjà eu lieu ! Tout le temps de l’Avent est rayonnant de cette certitude de la proximité du Seigneur : je vous souhaite un Avent plein d’espérance !
  • RCF
    20 novembre 2020

    FANATISME ET IDOLÂTRIE

    3 min
    Du fanatisme, sous-titré Quand la religion est malade, est un essai d’Adrien Candiard, un jeune dominicain français vivant au Caire. Je recommande vivement la lecture de ce texte, de son premier chapitre en particulier. Réfléchissant sur le fanatisme qui conduit au terrorisme et à l’assassinat, Adrien Candiard énonce un paradoxe qui donne beaucoup à penser. Habituellement, on considère que le fanatisme est le résultat d’une sorte d’« excès de Dieu » dans la vie de quelqu’un, un excès qui le pousse à des actes insensés, comme lorsqu’on abuse de l’alcool. Pour Adrien Candiard au contraire, le fanatisme ne résulte pas de l’excès de Dieu, mais de sa tragique absence. Pourquoi cela ? Parce qu’on a mis autre chose à la place de Dieu. Le théologien musulman médiéval IBN TAYMIYYA est le théoricien d’un islam rigoriste dans lequel depuis un siècle le salafisme a trouvé son inspiration. Selon cette école de pensée, Dieu est si transcendant qu’il est totalement inaccessible et inconnaissable ; la seule chose que nous pouvons connaître de lui, c’est ce qu’il nous commande. C’est ainsi que ce Dieu absent se trouve remplacé par sa volonté, sous la forme d’une loi qu’il faut accomplir aveuglément et dans les moindres détails. Un vrai croyant ne s’en tiendra pas là : il exigera que tous en fassent autant. Chacun sait que l’amour ne se commande pas ; mais dès lors qu’il ne s’agit plus d’aimer Dieu, mais seulement de lui obéir, la contrainte devient parfaitement légitime – et elle peut aller jusqu’à la mise à mort des récalcitrants. Je viens de résumer à grands traits la démonstration d’Adrien Candiard, dont, encore une fois, je vous recommande la lecture. Car elle nous concerne tous : non seulement à cause de sa lecture du fanatisme, mais aussi parce que tout croyant peut éprouver dans sa vie la tentation de remplacer Dieu par autre chose que lui. Ce n’est pas nécessairement du fanatisme, mais c’est bel et bien de l’idôlatrie.
  • RCF
    13 novembre 2020

    UNE DÉMOCRATIE MAL EN POINT

    3 min
    L’élection du nouveau président des États-Unis est riche d’enseignements pour nous tous. Depuis le début du siècle en effet, nous voyons apparaître en de nombreux pays des démocraties dites « illibérales » avec à leur tête des dirigeants populistes. Et quoi que nous puissions en penser, il apparaît de plus en plus que ces dirigeants sont en phase avec toute une partie de la population de ces pays, qui se sentait jusque-là méprisée et incomprise. Il faut être conscients que la défaite de Donald Trump ne guérit aucune des fractures qui divisent la société américaine. C’est ce qui explique que le comportement de ce nouveau roi Ubu n’ait pas soulevé contre lui le raz de marée prédit par les sondages et salué à l’avance par les médias. Un commentateur avouait la semaine dernière : « aux États-Unis, les démocrates sont en décalage ». En décalage avec qui, avec quoi ? Il faudra prendre le temps d’examiner de près cette question. Le populisme est indigne du peuple, parce que le peuple vaut beaucoup mieux que ceux qui, sous prétexte de répondre à ses aspirations, le déshonorent en l’instrumentalisant. Mais il vaut beaucoup mieux aussi que ceux qui le méprisent et n’aspirent qu’à le contourner pour promouvoir leurs objectifs idéologiques et leurs intérêts communautaristes. Il est à craindre que les délires sociétaux des élites et les égarements du peuple, prêt dans son désespoir à accorder crédit aux mensonges du premier démagogue venu, ne grandissent à proportion l’un de l’autre. L’éloignement, alors, devient inéluctable. C’est ce qu’a dénoncé Marcel Gauchet en ces termes : « La post-vérité [démagogique] est le rejeton adultérin du politiquement correct. Ses énormités transgressives ne se conçoivent qu’en réaction aux euphémismes lénifiants et aux interdits sournois dictés par le moralisme officiel. La censure insidieuse des aspects de la réalité sur lesquels la bienséance commande de jeter le voile ouvre la porte à leur amplification effrontée. » À cet égard, les États-Unis n’ont rien résolu de leurs contradictions : avec leurs Républicains piteusement enlisés dans les outrances du trumpisme et leurs Démocrates favoris des médias mais toujours « en décalage » avec le peuple, ils sont aussi un laboratoire qui anticipe peut-être nos propres déchirements dans les années à venir.
  • RCF
    6 novembre 2020

    Malheureuse Incertitude, Heureuse Incertitude

    3 min
    À l’heure où j’enregistre cette chronique, nous essayons tant bien que mal d’apprendre à vivre dans des incertitudes de plus en plus grandes : nous ne savons pas qui sera le futur président des États-Unis, nous ne savons pas si nous pourrons aller à la messe dimanche prochain ou fêter Noël dans un mois et demi, nous ne savons pas si nous ne serons pas atteints par le covid ou victimes d’un coup de couteau en sortant dans la rue... Et on pourrait allonger la liste. Certes, toutes ces incertitudes ne sont pas du même ordre et ne nous touchent pas de la même manière, mais elles nourrissent un sentiment diffus d’inquiétude et même d’angoisse. Dans la pièce de Marcel Pagnol intitulée Topaze, le maître d’école qui porte ce nom nous est montré en train de chercher une punition pour un élève récalcitrant. Ne la trouvant pas, il finit par dire à son élève : « je vous condamne à l’incertitude ». C’est peut-être la pire des punitions ! Dans l’espérance chrétienne, l’incertitude ne porte pas sur ce qui nous est promis par Dieu : nous le savons très bien, et nous savons aussi comment il faut se comporter pour l’obtenir. Mais l’incertitude porte sur les temps et les moments : « vous ne savez ni le jour, ni l’heure » dit Jésus. Il y a donc une bonne incertitude, celle qui est compatible avec l’espérance et qui nous permet aussi de nous projeter dans l’avenir. Imaginons un instant ce que serait notre vie si nous connaissions avec certitude le jour et l’heure de notre mort : ce serait au sens propre un enfer, car nous passerions notre temps dans un compte à rebours insupportable. Il nous est bon de savoir vers quoi nous allons (non pas la mort, mais ultimement la joie éternelle avec Dieu) sans savoir à quel moment notre vie basculera en lui : ainsi, chaque moment de notre existence périssable peut devenir porteur de la promesse d’éternité.
  • RCF
    30 octobre 2020

    Blasphème insulte et violence

    3 min
    ​Nous sommes à nouveau endeuillés par l’odieux attentat qui a été commis hier à Nice et qui plus est dans une église.
  • RCF
    23 octobre 2020

    Mêmes causes, mêmes effets

    3 min
    L’horreur que nous inspire l’assassinat de Samuel Paty et le mode opératoire de l’assassin risque fort d’être sans lendemain si nous oublions que nous sommes dans une loi des séries, où ce qui s’est produit se reproduira, les mêmes causes continuant à engendrer les mêmes effets, en obéissant simplement à une logique de surenchère qui augmentera la gravité des faits mais n’en changera pas la nature. Il faut se garder de croire que le seul fait de dire « je suis prof », comme on disait il y a cinq ans « je suis Charlie », ajouté aux rodomontades des politiques, possède une sorte de vertu exorcisante pour empêcher que la barbarie se reproduise. Tout cela procède de l’autosuggestion collective ; c’est hélas trop simple et lénifiant pour être vrai. Pour empêcher que la barbarie se reproduise, il faut d’abord en identifier les causes. Les ayant identifiées, il faut les nommer. Et les ayant nommées, il faut les combattre. Je ne suis pas sûr qu’on les identifie ; je suis encore moins sûr qu’on ose les nommer ; et par conséquent, je suis malheureusement à peu près certain qu’on ne se donne pas vraiment les moyens de les combattre. Les causes ne sont pas identifiées. Le terme « séparatisme » n’est de toute évidence qu’une nouvelle manière d’esquiver le problème : les terroristes ne veulent pas se séparer, ils veulent le pouvoir, un pouvoir absolu et mondial. Elles ne sont pas non plus nommées, puisqu’on invente des mots-paravents pour ne pas appeler l’ennemi par son nom. Et la conséquence est qu’on se condamne sciemment à l’inefficacité. François-Xavier Bellamy, à qui j’emprunte quelques-unes de ces réflexions, relève l’annonce du ministre de l’intérieur qu’il va « expulser 231 étrangers expulsables ». Mais s’ils sont expulsables, pourquoi a-t-on attendu ce drame pour les expulser ? « Mal nommer les choses, c’est ajouter au malheur du monde » a dit Camus. Il y a 25 siècles, Platon disait déjà la même chose : « La perversion de la cité commence par la fraude des mots. » Ce serait à méditer d’urgence par tous nos politiques.
  • RCF
    16 octobre 2020

    CARLO ACUTIS

    3 min
    C’était un jeune comme tous les autres, qui aimait rire, jouer au foot, et qui était passionné d’informatique. Italien né à Londres en 1991, il aurait 29 ans aujourd’hui, s’il n’était mort d’une leucémie foudroyante à l’âge de 15 ans, le 12 octobre 2006. Béatifié le 10 octobre dernier, il sera désormais fêté le 12, jour de sa naissance au Ciel. Quinze années de vie, c’est si peu. Mais alors que certains, à quatre-vingts ans, n’ont pas encore vécu, d’autres à quinze ans ont traversé la vie de façon fulgurante en portant un fruit prodigieux. C’est le cas pour ces jeunes saints et saintes, de saint Louis de Gonzague à sainte Thérèse de l’Enfant Jésus, qui illustrent la réflexion que Bernanos met sur les lèvres du curé de Torcy dans le Journal d’un curé de campagne : « « Tiens, je vais te définir un peuple chrétien par son contraire. Le contraire d’un peuple chrétien, c’est un peuple triste, un peuple de vieux. Tu me diras que la définition n’est pas trop théologique. D’accord. Mais elle a de quoi faire réfléchir les messieurs qui bâillent à la messe du dimanche. Bien sûr qu’ils bâillent! Tu ne voudrais pas qu’en une malheureuse demi-heure par semaine, l’Eglise puisse leur apprendre la joie! » Sa joie, Carlo Acutis l’a puisée dans l’eucharistie, à laquelle il participait quotidiennement depuis l’âge de 7 ans et sa première communion – au point que chaque fois qu’il partait en vacances avec ses parents, il leur demandait de commencer par se renseigner sur les horaires des messes. Il appelait l’eucharistie son « autoroute vers le Ciel ». Il nous a laissé, entre autres, des reportages vidéo sur les miracles eucharistiques, à propos desquels il avait organisé une exposition dans sa paroisse. Il avait d’ailleurs aussi entièrement bâti le site internet de la paroisse en question, au point qu’on songe à faire de lui le saint patron des internautes. Quelques paroles de Carlo sont maintenant célèbres : « Notre objectif doit être l’infini, non pas le fini. L’Infini est notre Patrie. Depuis toujours nous sommes attendus au Ciel ». Et aussi cette réflexion magnifique : « Tous naissent comme des originaux, mais beaucoup meurent comme des photocopies ». Pour s’orienter vers cet Objectif et ne pas « mourir comme des photocopies », Carlo disait que notre Boussole devait être la Parole de Dieu, à laquelle nous devons constamment nous confronter. » Le cardinal Comastri, qui a préfacé un livre à son sujet, cite une autre parole : « Être toujours uni à Jésus, voilà mon programme de vie ». « Par ces quelques mots, ajoute-t-il, Carlo Acutis a défini le trait distinctif de sa brève existence : vivre avec Jésus, pour Jésus, en Jésus. (…) « Je suis content de mourir car j’ai vécu ma vie sans négliger une seule minute en choses qui ne plaisent pas à Dieu ». À nous aussi, Carlo demande la même chose : il nous demande de raconter l’Évangile par notre vie, afin que chacun de nous puisse être un phare qui éclaire le chemin des autres. »
  • RCF
    9 octobre 2020

    Fratelli tutti

    3 min
    Le Pape François vient de nous offrir une nouvelle encyclique intitulée Fratelli tutti, « tous frères »
  • RCF
    2 octobre 2020

    Un grand loiretchérien, le Père Brottier

    3 min
  • RCF
    25 septembre 2020

    Contraints de fuire comme Jésus-Christ

    3 min
    « Contraints de fuir comme Jésus-Christ », c’est le titre que le Pape François a voulu donner à la 106e journée mondiale du migrant et du réfugié qui sera célébrée ce dimanche. « Lors de la fuite en Égypte », dit le Pape, « l’Enfant Jésus fait l’expérience, avec ses parents, de la condition tragique de personne déplacée et de réfugié », et « de nos jours, hélas, des millions de familles peuvent se reconnaître dans cette triste réalité ». Leur condition peut prendre des formes particulièrement tragiques et inhumaines, comme le montre la situation des réfugiés de l’île de Lesbos après l’incendie qui a détruit la totalité de leur camp. « Sur leurs visages, nous sommes appelés à reconnaître le visage du Christ affamé, assoiffé, nu, malade, étranger et prisonnier, qui nous interpelle », poursuit le Pape en citant le chapitre 25 de saint Matthieu. Nous n’avons pas le droit de rester indifférents, car c’est le Seigneur lui-même qui se manifeste à nous à travers eux, même si nos yeux peinent à le reconnaître. Les migrants ne sont pas des envahisseurs comme on le pense parfois sans trop oser le dire ouvertement : ce sont des hommes et des femmes « contraints de fuir ». Contraints de fuir comme nous l’étions, nous Français, en 1940 devant l’envahisseur nazi. Contraints de fuir comme le sont les populations persécutées ou victimes de la guerre, en tant d’endroits du monde. Si bien qu’on pourrait ajouter une parole à la longue litanie des situations extrêmes mentionnées dans la parabole du Jugement dernier : « j’étais migrant et tu as fait comme si j’étais un gêneur ; j’étais migrant et tu ne t’es pas senti concerné, alors que tu es toi-même étranger et voyageur sur la terre. » À partir de cette conviction, le Pape nous indique cinq attitudes : « connaître pour comprendre », car nous avons le devoir de nous informer des situations qui contraignent les personnes à quitter leur maison et leur pays ; « se faire le prochain pour servir », car nous avons le devoir de nous approcher des situations de détresse et de ne pas nous en tenir à les regarder de l’extérieur ; « écouter » les personnes qui vivent ces situations et « partager » avec elles ; et enfin « impliquer pour promouvoir ». Le Pape prend ici l’exemple de la Samaritaine, que Jésus transforme en « annonciatrice de la bonne nouvelle » après sa rencontre avec elle. Il n’y a pas de vrai service des autres s’ils ne sont pas rendus acteurs de leur relèvement en étant appelés à y coopérer : ce qui nous est demandé, ce n’est pas de rester dans l’assistanat, mais d’aider chacun à redécouvrir sa propre dignité et le prix qu’il a aux yeux du Seigneur. C’est alors que nous pouvons découvrir ce que les migrants, comme tous les pauvres, nous apportent à travers les questions qu’ils nous posent : « il faut avoir été brisé dans sa suffisance, blessé dans son être, écrivait jadis Louis Lochet, pour donner prise à la grâce qui nous révèle notre vraie pauvreté et nous donne accès au Père des pauvres et à la fraternité universelle… La fraternité évangélique, c’est celle de gens ensemble perdus et ensemble sauvés, dans un si grand désastre et dans un si grand salut que rien ne compte plus désormais en comparaison de la perdition où ils allaient et de la grâce qu’ils ont reçue . » C’est ainsi que la détresse partagée peut devenir la source de la fraternité la plus grande.
  • RCF
    18 septembre 2020

    Un diocèse se remet en marche

    3 min
  • RCF
    4 septembre 2020

    Bonne rentrée sans se Voir

    3 min
  • RCF
    3 juillet 2020

    Si la Note Disait

    3 min
  • RCF
    26 juin 2020

    Le passé a-t-il un avenir ?

    3 min
    Le passé a-t-il un avenir ? Cette question étrange était posée par la Nouvelle République il y a quelques jours, alors qu’on venait de commémorer le quatre vingtième anniversaire de l’appel du 18 juin 1940. Sous le titre « Devoir de mémoire, quel avenir ? », notre journal régional se demandait comment les commémorations pourraient se poursuivre alors que les personnes qui y attachent de l’importance disparaissent les unes après les autres et ne sont pas remplacées. « L’intérêt s’amenuise, et on pousse un vrai cri de victoire quand on y voit encore des collégiens avec leurs professeurs », déplorait Denis Leprat, président de l’Association du Mémorial de la Résistance à Varennes. Pour enrayer ou du moins retarder ce phénomène, il proposait de « réfléchir à une mutualisation de toutes les commémorations ». On peut se demander si une telle « mutualisation » qui réunirait pêle-mêle toutes les guerres et résistances passées serait vraiment satisfaisante. Mais surtout, cette érosion de la mémoire nous interroge sur les fondements que se donnent nos sociétés pour bâtir le fameux « vivre ensemble ». Le devoir de mémoire ne consiste pas simplement, comme le souligne fort justement Denis Leprat, à déposer une gerbe à la va-vite avant de « filer au buffet » : c’est un devoir de transmission aux générations montantes de la capacité d’admirer et du désir d’imiter des hommes et des femmes qui ne se sont pas résignés à l’oppression et au déshonneur. Le fait de déboulonner et de détruire les statues de Victor Schoelcher à La Martinique n’est pas très rassurant sur le sens de l’histoire de beaucoup de nos contemporains, et l’éloge unanime rendu à de Gaulle quarante ans après sa mort alors qu’on l’a conspué de son vivant ne console guère non plus. C’est que l’avenir du passé ne dépend pas seulement de la connaissance qu’on doit en avoir, mais surtout de l’humilité avec lesquelles les peuples et les individus savent le regarder et en tirer les leçons pour se réformer eux-mêmes.
  • RCF
    19 juin 2020

    Le matin sème ton grain

    3 min
    Le président de la Conférence des Évêques de France, Monseigneur de Moulins-Beaufort, a répondu en son nom propre à l’invitation adressée par Emmanuel Macron aux responsables des cultes de partager leurs réflexions sur la crise sanitaire que nous avons traversée. Cette réflexion dense et stimulante se divise en quatre parties, quatre mots-clefs : mémoire, corps, liberté, hospitalité. « Mémoire », parce que de tous côtés on entend dire qu’il ne faudra pas oublier ce qui s’est passé, et qu’il faudra en tirer les leçons ; « corps », parce que la maladie est une atteinte au corps, et par là à l’esprit ; « liberté », parce que la liberté, et pas seulement la liberté de culte, a été mise à l’épreuve tout au long de ces semaines ; « hospitalité » enfin, parce que par la force des choses le confinement a été un isolement. Sans pouvoir tout reprendre de ce qui est dit à propos de ces quatre thèmes, relevons quelques points particulièrement suggestifs : Sur la mémoire, l’auteur appelle à conserver vivant le souvenir de ce temps suspendu qui a été pour certains synonyme d’angoisse et de solitude, mais qui a aussi permis à beaucoup de se retrouver de manière nouvelle : « je suggère, sans doute en un rêve éveillé, qu’une fois par mois un dimanche soit "confiné" partout dans notre pays ». Le corps, parce qu’il est mortel, pose la question de notre relation à la mort : « pour nous catholiques, la mort est un acte humain, en tout cas elle peut l’être ». On regrette un peu qu’il n’y ait pas ici un développement sur l’espérance de la vie éternelle : n’est-ce pas le cœur de ce que nous avons à dire comme chrétiens ? Le plus intéressant est peut-être ce qui a trait au pouvoir politique, au rôle de l’État. Un État dont la bienveillance peut être parfois « envahissante et disciplinaire ». Un État qui « ne peut pas donner ce qu’il n’a pas : il ne peut pas rendre hospitalier qui veut rester enfermé chez lui et il n’a pas le droit moral d’empêcher une personne d’en accueillir une autre ». Il « peut beaucoup », mais c’est à chacun de nous de prendre ses responsabilités pour un monde plus humain.

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